Star Wars - L'Aube du Crépuscule

Saison 6 - Dissimulation / Jeu de rôle et espace détente sur forum sur le thème Star Wars
 
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 [ Taris ] L'Eminence Grise - Solo

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Darth Anachor
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MessageSujet: [ Taris ] L'Eminence Grise - Solo   Lun 13 Juil - 16:21

Taris, faubourgs de la Cité Médiane du Secteur E-9-Bastilla Shan, an 165 après Yavin...


Les moments qui avaient suivi la destitution de Darth Krayt, le renversement du Nouvel Ordre Sith en tant que puissance commandant à la Galaxie, son exil précipité et désordonné, ainsi que le retour des grands régimes galactiques ( Empire et Alliance ), avaient eu pour conséquences des troubles graves dans de nombreux systèmes. C'étaient précisément les mondes les plus peuplés, ainsi que ceux qui étaient dotés d'un fort potentiel économique, d'une importance stratégique importante, et ceux qui, pour une raison ou pour une autre, détenaient une forte influence sur leur région, voire sur Coruscant, qui avaient été les plus touchés.

En effet, tout cela avait impliqué pour ces malheureuses planètes d'être sollicitées dans les conflits qui se jouaient à cette période, et donc un engagement pour tel ou tel camp. Ceci avait conduit, à la mort de l'Empereur Krayt, à des bouleversements politiques majeurs. Il en résulta de nombreuses guerres civiles, un peu partout, des Mondes du Noyau jusqu'à la Bordure Médiane. Les systèmes situés le long des principales voies commerciales, et notamment de la Voie Hydienne, furent les plus cruellement secoués par ce cataclysme intersectoriel.

Dans toute la Galaxie, les partis, factions se reformaient, reparaissaient en pleine lumière, stockaient des armes, amassaient des fonds. Quelques mois après qu'un nouveau gouvernement se fut formé sur Coruscant, une avalanche de crises fit la Fédération à rude épreuve, et elle fut bientôt dépassée par les divisions, luttes de clans et guerres de gang qui éclatèrent sur des centaines de mondes. Cette crise généralisée de la représentation politique mobilisa tous les efforts de la Fédération Galactique, et notamment ceux du Nouvel Ordre Jedi, et ce dernier, quoique très vite surmené, parvint, après bien des années, à rétablir un semblant d'ordre.

La reprise des trafics commerciaux fut le signe que la paix était, apparemment, revenue sur la plupart des mondes torturés par les affrontements internes. Dès la seconde moitié des années 150, ces derniers avaient quasiment tous été reconstruits, les querelles semblaient avoir été définitivement vidées, et une réelle prospérité fit croire qu'un nouvel Âge d'Or était possible, qui fut, similaire avec celui que l'Ancienne République avait connue suite à la défaite des Sith sur Ruusan en -1000. Seules demeuraient quelques exceptions...lesquelles étaient malheureusement, pour certaines, hautement symboliques.

Taris était de celles-là. L'histoire complexe et tourmentée de cette cité-monde pouvait sans doute expliquer que les troubles perdurèrent sur la Coruscant de la Bordure Médiane, jusqu'à la fin des années 160. Il fallut presque vingt ans, pour que l'atroce guerre civile qui agita la planète finisse pas trouver une conclusion suite à l'intervention des Jedi et de l'Alliance Galactique, dans une vaste campagne humanitaire qui dura sept ans. Alors que près de 150.000 soldats, un million de bénévoles civils, et une quarantaine de membres de l'Ordre s'échinaient à rétablir la paix sur un des mondes les plus anciens et les plus célèbres de la Galaxie, et à apaiser les revendications des différentes factions qui l'écartelaient, prenant la population en otage pour qu'on les satisfit, d'autres individus y voyaient un enjeu considérable.

Les Sith, en effet, si ils n'étaient pas, en soi, responsables du déclenchement des Décennies Noires, telles que l'Histoire devait un jour les nommer, l'arrivée de toute une armée de la paix, dont d'éminents représentants du Nouvel Ordre, les convainquit très vite que Taris représentait quelque chose de colossal. Une fois de plus, ce monde symbolisait la capacité du principal régime démocratique de la Galaxie à se montrer à la hauteur des attentes des peuples lui ayant confié leurs destins. Si il en allait de la crédibilité, de l'honneur, et de la pérennité de l'Alliance Galactique, et si les Jedi savaient qu'ils devaient à nouveau faire leurs preuves en tant que garants de l'Ordre, de la Paix et de la Liberté, les Sith, quant à eux, comprenaient que saboter l'effort de pacification et de reconstruction, enrayer cette gigantesque machine humanitaire, et pousser le monde à revendiquer son indépendance, étaient des objectifs majeurs pour la préparation de leur retour, et la destruction de leurs ennemis mortels.

L'on dépêcha donc sur Taris les membres du Nouvel Ordre les plus retors, discrets et charismatiques, afin de se livrer à toutes sortes d'actions politiques et sociales. Tantôt harangue des foules, tantôt assassinats, enlèvements, demandes de rançons, jouant parfois de la menace, et le plus souvent de la séduction, ils agirent à leur habitude : dans l'ombre, souterrainement, de façon indirecte. Cette contre-campagne était une nouvelle forme de guerre, et le Conseil Noir le comprit. Des fonds considérables furent levés pour mener à bien cette entreprise sournoise, et des dizaines de Sith furent dépêchés. Il fallait, à tout prix, damer le pion à la Fédération, et fragiliser Taris pour précipiter, à terme, son entrée dans le giron du Nouvel Ordre.

C'était toute une génération de Sith qui fit son baptême du feu sur ce monde surpeuplé, et il devait se former, dès les années 170, rien moins qu'une école tarisienne, concernant l'action subversive, insurrectionnelle et paramilitaire qu'ils y conduisirent. Elle ferait florès, et bon nombre d'éminents Seigneurs Sith devaient, plus tard, la représenter et s'en faire les chantres, parmi les débats qui agitaient militaires et sensitifs quant à l'action à mener pour triompher de leurs adversaires. Darth Anachor devait devenir l'un d'eux.

En effet, il arriva sur Taris en 163 : ayant rallié Darth Trazyn depuis treize ans, il avait mené toutes sortes de recherches et de missions qui le firent suffisamment bien voir pour qu'on jugeât qu'il avait largement fait ses preuves, et qu'on l'envoya sur les fronts les plus difficiles. Or, la planète-monde mobilisait énormément d'efforts de la part des Sith : elle était, en fait, le secteur d'activité hors Espace Sith qui captait le plus de crédits et d'agents. L'on attendait beaucoup de l'Anzat, et ses débuts furent brillants. Son don pour l'infiltration lui permit de prendre officieusement la tête d'une faction qu'il gérait avec le soutien de quelques guerriers et arpenteurs dépêchés auprès de lui par le Conseil Noir : les Justes. Ces derniers se faisaient les défenseurs d'un idéal indépendantiste et collectiviste, visant à tenter l'expérience des cités autogérées sur la surface de Taris.

Il savait, bien sûr, qu'ils n'avaient pas les moyens, à ce moment, pour tenir leur ligne, si ils prenaient le pouvoir, mais ainsi, il savait pouvoir fédérer nombre de marginaux, de mécontents et d'idéalistes, sans parler des réfugiés, dont la prise en charge représentait une tâche énorme pour la Fédération Galactique. Les sabotages et attaques surprises menées contre les convois humanitaires, au sein des mégapoles, mais aussi en orbite, contribuaient depuis quelques mois à nourrir un intense sentiment d'insécurité parmi la population ; les Sith en profitaient pour mobiliser toutes leur marionnettes, et multiplier les appels à la révolte, les pétitions exigeant le départ de la Fédération, les manifestations et les provocations contre cette dernière.

Il semblait qu'au bout de deux ans d'intenses efforts, Anachor, qui supervisait toutes ces opérations, était sur le point de triompher, la situation de l'armée humanitaire étant plus désespérée que jamais. Sur le point d'être lâchée par l'Alliance, dont la présidence était quotidiennement harcelée par les sénateurs pour qu'elle annule cette mission qui ruinait ses caisses, cette dernière misa tout sur l'arrivée de renforts Jedi : pas moins d'une vingtaine de Maîtres, à la tête desquels se trouvait un membre du Haut-Conseil. Ce ne fut pas tout : et l'aide inattendue dont l'Ordre bénéficia joua un grand rôle pour renverser la balance en faveur de la Fédération. De nombreux contrebandiers, chasseurs de primes, mais aussi, fait incroyable, des Jedi Gris, atterrirent en deux semaines un peu partout sur Taris, et, obéissant à un vaste plan d'ensemble, conçu minutieusement, ils quadrillèrent l'ensemble de la planète, pour la nettoyer de toute présence Sith. Anachor lui-même vit son QG attaqué, dévasté, et, bien que ses agents eurent le temps d'éliminer toute information laissant entendre que les Sith étaient les principaux instigateurs du désordre sur la planète, il fut pris en chasse.

C'était le moment culminant de la troisième période d'émeutes, qui voyaient la mise en action par tous les camps d'armes lourdes, qui ravagèrent une fois de plus le monde. Quelques vaisseaux de chasse se livraient même à un véritable duel aérien, lequel devait durer trois mois. L'Anzat, après avoir échappé à plusieurs sections de soldats de choc de l'Alliance, était parvenu à gagner les niveaux inférieurs du noyau principal d'une des mégapoles les plus excentrées de Taris. Foulant cadavres et débris, le Sith s'avançait avec précaution, sabre à la main. L'incroyable tintamarre dans la Force, provoqué par la lutte et la mort de dizaines de sensitifs sur la surface du monde, ainsi que la mort de nombre de civils, lui donnait la nausée, tout Seigneur qu'il était.

Quoique la course poursuite à laquelle il avait été obligé de se prêter semblait devoir se conclure sur son échappée, il savait que c'était provisoire. S'étant, sans s'en rendre compte, engagé dans une allée qui se terminait en cul-de-sac, du fait de l'effondrement d'une tour, dont les débris lui barraient le passage, il se crut hors d'atteinte, et non surveillé. Se reposant, et buvant à grandes gorgées le contenu de sa gourde, il s'était adossé à un bloc de titane, et, les yeux dans le vague, n'étant plus capable de penser à rien, méditait sur la vanité de tous ces évènements dans lesquels il avait été embarqué. Ces réflexions ne durèrent pas longtemps. Des bruits de pas le firent sortir de sa rêverie. En se maudissant de s'être ainsi fait repérer, et de n'avoir pas pris la peine de se servir de la Force pour identifier les menaces éventuelles, il avait désormais, face à lui, trois individus.


Deux d'entre eux allumèrent alors leurs sabres laser. Des femmes. Un jeune homme robuste, grand et vêtu d'une armure lourde et d'un blaster à répétition les accompagnait. Ils lui bloquaient le passage, et, s'avisant de la présence des deux femmes dans la Force, il comprit que l'affaire ne serait pas aisée. A leur tête, une énigmatique Jedi d'âge certain, portant une bure brune dont la capuche rabattue lui voilait le visage, pointa sa lame bleue sur le Sith. Rendez-vous. Un ricanement lui répondit. Vous n'irez nulle part. Peu importe l'état dans lequel vous serez quand nous en aurons fini avec vous, pourvu que vous cessiez de nuire. Il réalisa alors qu'il n'avait pas affaire à des Jedi classiques : il ne reconnaissait pas leur aura particulière. Vous autres, les Jedi Gris, êtes vraiment les pires bâtards, la plus abjecte chienaille de la Galaxie. Vos prétentions d'indépendance ne m'impressionnent pas. En garde. Et le combat s'engagea. Une gerbe d'éclairs précéda l'attaque en vrille du Sith, qui para aisément les rafales du mercenaire. Bien que sa première offensive fut elle-même contrée, il parvint à contenir les deux lames qui s'opposaient à la sienne. Si la jeune femme, impulsive, engageait contre lui un Ataru virevoltant, celle qui était peut être son mentor, recourait à un Shien élégant, vicieux et pondéré. Elles parvenait à ménager fréquemment des angles de tirs à leur compagnon, qui réussit, après vingt minutes de duel acharné, à blesser légèrement le Sith.

Ce dernier, furieux, recourut alors à un vieux tour de l'antique Sorcellerie de Korriban, et plongea la ruelle, dans laquelle ils combattaient rageusement, dans les ténèbres. Mettant en action sa connaissance du Dun Möch, multipliant les provocations perverses agrémentées de ricanements sournois, narguant ses adversaires, tâchant de les distraire au maximum, il parvint à déstabiliser quelque peu les deux plus jeunes. Fondant comme un rapace, il entama un saut d'attaque en vrille qui le mena juste derrière le mercenaire, qu'il empala. Tout en disparaissant à nouveau, juste à temps pour éviter d'être décapité par la vieille femme, il réalisa à la peine de l'apprentie de cette dernière, qu'elle et le mourant étaient amants, peut être même époux. Cela n'avait pas de quoi le surprendre : le Nouvel Ordre Jedi était lui-même plus tolérant envers ce genre de relations que l'ancien, et de toutes façons, ceux-ci semblaient plutôt être des solitaires, aidant la Fédération pour la circonstance.

Malgré les conseils subtils de son maître, exprimés avec une touchante délicatesse, l'apprentie ne sut contenir sa rage, et sonda hystériquement les ténèbres persistantes. Anachor ne perdit pas son temps à jubiler de la situation : il l'analysa froidement, et attendit calmement d'obtenir le bon angle pour réitérer son piqué mortel. C'est alors qu'une vive lumière l'aveugla : il avait oublié cette technique Jedi exigeante et difficile, qui permit à la malheureuse de le repérer. Fondant sur lui, elle manque de justesse de lui enfoncer sa lame en plein coeur. Se décalant à temps sur la gauche, le Sith répondit à l'impertinente par une gifle sur la joue droite, avant de la désarmer d'un moulinet. Celle-ci lui décocha un coup de pied dans le ventre, puis un coup de boule qui lui fit cracher du sang, et le mit à terre. Rappelant son sabre à elle, la jeune fille auburn s'apprêta à donner le coup de grâce, lorsque l'Anzat eut la présence d'esprit de profiter de l'épuisement de son adversaire pour exercer sur elle un Etranglement de Force. Soulevant l'apprentie dans les airs, il s'avisa au dernier moment que la mentor lançait à son tour une attaque en piqué contre lui...un bref mouvement du poignet, et la malheureuse amante éplorée se trouva pile entre les deux combattants.

La vieille femme mit du temps à réaliser ce qu'elle venait de faire. Les mains tremblantes, elle laissa échapper son sabre, qui percuta le sol dans un bruit sourd. Alors que la jeune femme, percée au coeur, s'effondrait mollement, les larmes du mentor roulant en cascades vinrent se mêler aux quelques traces de sang qui restaient sur le visage sa victime involontaire. Alors qu'un ricanement sinistre répondait à ses sanglots naissants, elle demeura un temps, interdite, tétanisée par le mauvais tour qui venait de lui être joué. Puis, d'un coup, elle revint à elle, et, bouillonnant de rage, elle lança une attaque tourbillonnante contre Anachor. Mais bien qu'elle se battit avec l'énergie du désespoir, ses beaux efforts ne servirent de rien. Le Sith n'eut même pas à activer son sabre : habilement, il esquiva chaque coup, qui fendit inutilement l'air. Croisant le regard ironique et narquois de l'Anzat, la mentor tenta le tout pour le tout et décocha un coup latéral qui marqua l'épaule gauche et la partie droite de ce dernier en une longue balafre. Ce dernier, sous le coup, surpris, recula, puis fut propulsé par la Force contre un mur. Alors qu'il sentait, une fois de plus, la victoire lui échapper, il trouva l'énergie de saisir le bras droit de son adversaire, qui, déformée par le chagrin et la colère, ne se dominait plus, et fit l'erreur de penser pouvoir achever le Sith par un coup trop prévisible.

Il lui fit lâcher son sabre. Puis, enchaînant un coup de poing dans le visage, et une bourrade du pied dans le ventre de la malheureuse, il la mit à terre. Il s'apprêta à l'achever, lorsqu'une explosion retentit non loin. Du fond du corridor, il put voir quelques agents Sith courir de droite à gauche pour échapper aux lasers qui les tuèrent presque tous. Hésitant, il n'eut même pas le temps de jeter un dernier regard à la vieille femme : de nouveaux tirs fusèrent dans sa direction. Bien qu'affaibli, il réussit à exécuter quelques Sauts de Force qui le dégagèrent du guêpier. Parvenant à quitter le monde en catastrophe, il ne devait cependant jamais oublier la résonance particulière dans la Force dont disposait cette femme, et les difficultés considérables qu'elle avait dressées contre lui. Cette rencontre n'était qu'un prélude, et les deux individus devaient voir leur route se croiser à nouveau...
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Darth Anachor
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MessageSujet: Re: [ Taris ] L'Eminence Grise - Solo   Mar 14 Juil - 13:30

Taris, théâtre de la Nova Bleue, dans le quartier Onasis de la Ville Haute du Secteur A-15. Vingt-cinq ans plus tard...


-Je vois que la réputation du Ballet Rouge est plus que méritée. Vous avez fait sensation.

Pendant que Jango Femis achevait de se démaquiller, au sein de la loge aux décors sobres qui lui avait été personnellement attribuée, son vis-à-vis égrenait d'un air pensif le chapelet qui avait servi d'accessoire au brillant acteur. Le regard du mystérieux individu, qui s'était présenté bien après que les visiteurs habituels aient exprimé leur satisfaction quant à la représentation, et fait leur cour au directeur de la troupe, courait sur la glace reflétant le visage encore jeune, et d'une élégance un rien artistocratique de ce dernier.

-Il arrive que la première soit aussi la meilleure, dans les mauvaises années. Mais ça n'arrivera pas cette fois-ci.


Tandis qu'il rangeait précautionneusement les divers ustensiles qui avaient achevé d'ôter les dernières traces du maquillage, un rire feutré perça dans son dos.

-C'est donc déjà arrivé ?


Femis se retourna. Si il souriait malicieusement, son regard exprimait une réelle autorité, et d'une voix douce mais ferme, il répondit :

-A ce théâtre, oui. A ma troupe, jamais.
-Mais vous avez débuté sur les planches avant de créer le Ballet Rouge, me semble-t-il ?


Ils ricanèrent de concert.

-Tout juste. Les mauvaises expériences sont une bonne école, pour quiconque a la tête sur les épaules.
-Je ne saurais mieux dire.


Réfrénant un bâillement, l'interlocuteur du prestigieux dramaturge se leva, puis fit les cent pas dans la pièce, tandis que Jango Femis s'affairait à ranger sa loge.

-Le gouvernement tarisien s'est montré très large avec nous. Voyez dans quel endroit nous jouons !
-Je vous suis gré de m'avoir invité, une fois de plus.
-Vous n'avez jamais manqué aucune de mes pièces. Il n'y avait pas de raison.


Un rire de poitrine, sifflant et rentré, habituel à l'homme qui conversait avec le directeur de la troupe, fit dresser la tête à ce dernier. Lissant les pans de sa veste, ajustant sa ceinture, son vis-à-vis était en proie à une joie étrange, dont Femis ne discerna pas tout de suite la cause.

-Mais Taris ! Le joyau de la Voie Hydienne ! Vraiment, je n'en avais pas foulé la surface depuis...


Il fit un geste évasif de la main droite pour signifier que sa dernière visite remontait à bien longtemps.

-...Vingt-cinq ans ? Se permit le dramaturge, avec un mauvais sourire en coin. Son interlocuteur, ravi, se retourna vers lui avec une expression sinistre et carnassière. Tout juste. Femis, avec des gestes vifs, précis et nerveux, finit de parquer tous ses accessoires, ses conduites et son texte dans un grand sac à bandoulière, qu'il ajusta ensuite à son épaule. Nous pouvons y aller. Il va de soi...à dessein, il prononça cette phrase lentement, afin que son visiteur se permette de l'achever, ce qu'il ne manqua pas de faire. Que je vous invite. C'était tacitement entendu dès que vous m'avez contacté pour me communiquer vos dates.

Sur ce, ils sortirent. Femis verrouilla soigneusement la porte de la loge, puis ils arpentèrent les couloirs du théâtre, décorés avec un goût certain, sobre et raffiné. Teintures et tapis, mauves et pourpres, ponctuaient leur déambulation, et tout en devisant, ils marchaient lentement, comme deux bons vieux amis échangeant des souvenirs précieux. A ceci près que l'observateur affuté eut pu deviner, dans les propos qu'ils tenaient, une subtile teinte sinistre, quelque chose de macabre, exprimé d'une manière feutrée, aimable et courtoise. Cette finesse dans l'échange, ne pouvait masquer que ce qui en faisait l'objet était une affaire dont il valait mieux ne pas se mêler, si l'on souhaitait ne pas s'attirer l'ire de cette ténébreuse compagnie.

On aurait pu croire qu'ils se rendaient dans un restaurant chic pour fêter dignement l'éclatant succès de la première représentation du Fauve Moderne, la puissante satire politique des moeurs du Sénat, qu'avait signé le dramaturge. Cette attaque sournoise, subtile et brillante des principaux responsables de la Fédération Galactique avait failli provoquer le scandale, et peut-être était-elle destinée à le connaître dans les semaines qui suivraient. Mais les apparitions publiques de Femis, précédant le soir fatidique, avaient été menées suivant une stratégie d'apaisement.

Il s'agissait, avant tout, d'une comédie, de burlesque. Comment des régimes défendant les libertés individuelles pouvaient donc se sentir menacés par ce qui n'était certes pas une innocente critique de moeurs, mais bien un pamphlet théâtralisé ? Si ils n'avaient rien à se reprocher au fond de leurs constitutions, alors ils encaisseraient cette piquante caricature sans broncher. Malgré ces propos officiels rassurants et savamment préparés, le mal que le dramaturge souhaitait faire aux institutions politiques des grandes puissances galactiques avait bel et bien était causé. De multiples messages de menaces, et avertissements avaient été reçus par le Ballet Rouge.

Mais son directeur avait l'habitude, et il ne s'en était pas inquiété outre mesure. Il savait régler ces problèmes à sa manière, et réduire les imprudents expéditeurs de ces billets au silence. Ses talents d'auteur dissimulaient une extrême capacité à convaincre et persuader autrui de ne pas dépasser certaines limites. Son masque courtois, disert et aimable, recouvrait un tempérament fort, autoritaire, sachant obtenir ce qu'il voulait, et surtout, combattre efficacement une menace...comme les mauvaises critiques. D'ailleurs, depuis les décennies qu'il pratiquait cet art, les esprits chagrins qui l'avaient hué ou boudé aux débuts de sa carrière, s'étaient pour la plupart, tus depuis longtemps. De gré...ou de force.

Les deux hommes s'engagèrent donc, contre toute attente, dans les niveaux inférieurs du secteur, et avisèrent, après une demi-heure de marche, une cantina modeste, mais très fréquentée, dont ils estimèrent qu'elle représentait l'endroit idéal pour mener leur entretien. Ils obtinrent sans difficultés une place de luxe située à l'écart, et entamèrent, cette fois-ci, la conversation sérieuse qui avait motivé la venue du visiteur sur Taris. Django Femis, qui avait quitté son amabilité de surface, arborait un air sérieux, concentré et même un peu sombre. Sortant de son sac un petit holo-projecteur, il présenta à son interlocuteur la représentation tridimensionnelle d'une femme âgée, coiffée en nattes tombant sur la poitrine, aux yeux pâles. Elle avait sans nul doute été très belle dans sa jeunesse, et dégageait une sorte d'autorité douce et tranquille, ainsi qu'un air de profonde intelligence.


-Maître Elena Kae. Vous la connaissez.
-Je n'ai pas eu de ses nouvelles depuis longtemps,
dit l'Anzat avec une moue ironique. Je ne doute pas qu'elle se porte au mieux, et n'aimerais pas contrarier sa bonne santé.
-Trève de plaisanteries, voulez-vous,
le coupa sèchement Darth Pradh. Elle est plus dangereuse que vous semblez en convenir, et d'ailleurs-
-Et d'ailleurs, elle n'est pas passée à très loin de me vaincre, je le sais. Je sais aussi que cela n'est pas arrivé, et n'arrivera pas d'avantage dans l'avenir.


L'humain natif de Serenno sourcilla. C'était à son tour d'arborer une mine sceptique et moqueuse.

-Cette assurance n'est pas dans vos habitudes.
-J'admets volontiers qu'il est possible que je témoigne une trop grande confiance en moi concernant cette femme. Mais l’Éminence Grise, toute éminente qu'elle soit, ne suscite pas en moi d'appréhension particulière. Elle n'a pas cessé son activité fébrile de secours à la veuve et à l'orphelin, mais...comment pourrait-elle exercer une menace concrète et immédiate pour moi ? Après tout, c'est la première fois que je reparais dans cette région de la Galaxie.
-Et elle a su se débrouiller autrement.


Anachor, qui s'était apprêté à savourer une gorgée de bière tarisienne, stoppa net son geste, pinte à hauteur des lèvres. Il la reposa lentement, et ne sut dissimuler au Seigneur Pradh une réelle surprise. Décontenancé, il s'agita quelques secondes sur son fauteuil.

-Qu'entendez-vous par là ?

-Mais j'entends qu'elle a réussi, on ne sait comment, à vous faire pister - de façon irrégulière, certes - depuis plusieurs années, et que sitôt que vous émergez de l'Espace Sith dans un système un tant soit peu civilisé, elle en est avisée. Elle sait où vous vous rendez, systématiquement. D'après mes agents, elle parvient parfois à remonter loin dans vos activités. Cette femme a de toute évidence plus de secrets pour vous que vous n'en avez pour elle.


Bras croisés, Anachor se massa la mâchoire inférieure, moins inquiet que perplexe.

-Que proposez-vous ?


Rangeant l'objet, et faisant se volatiliser la représentation holographique de Maître Kae, Darth Pradh posa les coudes sur la table, et joignit les mains.

-La repérer s'est montré atrocement difficile. Elle est très rusée, a su semer, et même éliminer, certains de mes informateurs. Mais c'est fait. Comble de l'ironie, à moins qu'elle ait fait cela à dessein, elle est revenue sur Taris. Je sais qu'elle se trouve dans les quartiers inférieurs de la Cité Calos depuis au moins trois semaines maintenant. Qu'elle ait réussi à intercepter les messages que nous nous sommes envoyés n'est pas impossible, mais je n'ai pas le moyen d'en être certain pour l'instant. Elle n'en est pas à son coup d'essai : elle revient régulièrement sur cette planète, pour ainsi dire, tous les semestres. En conséquence : quoi qu'elle vienne faire ici, qu'elle soit là pour vous ou pas, nous devons en profiter pour agir.


Une expression sévère se fit sur le visage de l'Anzat. Le front abondement plissé, il se pencha sur son interlocuteur, et souffla avec un calme sinistre :

-Elle ne m'échappera pas cette fois-ci, je vous le garantis.


Pendant qu'il ponctuait ce dernier mot d'un sourire de fauve, Pradh, impassible, dit :

-C'est bien possible. Mais je vous conseille de ne pas la défier seule.
-Elle est à moi.
-Loin de moi l'intention de vous la disputer, mais ça m'étonnerait qu'elle ne dispose pas de nombreux contacts et soutiens sur toute la planète. Ne vous jetez pas dans la gueule du loup. Je vous suggère de demander des renforts, je me suis permis d'en mobiliser de mon côté.


Anachor sembla réfléchir un temps, le regard légèrement détourné de celui du dramaturge Sith. Puis, l'air dur et résolu, il ressaisit sa chope de bière, s'envoya une gorgée, puis, en la reposant :

-Alors, Taris va de nouveau connaître la guerre.
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Darth Anachor
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MessageSujet: Re: [ Taris ] L'Eminence Grise - Solo   Mar 14 Juil - 18:58

En orbite de Taris, quelques jours plus tard...

Le Silencio avait coupé ses moteurs et dérivait dans le vide spatial, flottant placidement au dessus de la planète. Niché dans son ombre, ses dispositifs de camouflage avaient été activés pour plus de sécurité. En effet, sa pilote, même si elle se savait en sécurité, n'ignorait pas que, cependant, on la surveillait. Les autorités tarisiennes, au vu de son prestige comme de ses états de service, n'avaient pas le choix : il leur fallait bien faire honneur à cette authentique héroïne. Mais l'on s'y méfiait d'elle.

Les ville-monde étaient de notoriété publique les endroits les plus corrompus de la Galaxie, où qu'ils se situassent : Coruscant et Nar Shaddaa étaient les plus fameuses concernant la place que le vice et les conflits d'intérêt y tenaient, mais ils étaient loin de faire exception. Personne n'avait oublié à quel point la question de l'allégeance aux Sith ou de la résistance à l'Empereur Krayt avait été longue à résoudre. Il était même bien malaisé de pouvoir affirmer avec certitude que c'était une affaire résolue, et non pas simplement dissimulée sous le tapis, alors que plus d'un demi-siècle s'était écoulé.

Ceci n'était pas pour rassurer les gouvernements de la Fédération, et notamment, cela allait de soi, l'Alliance Galactique et le Nouvel Ordre Jedi. Une sécession n'était, certes, pas à l'ordre du jour concernant ce monde antique, et les éternelles tensions, dissenssions et oppositions politico-sociales qui lui étaient propres depuis des millénaires semblaient n'être, à cette époque, pas trop vivement ressenties. Ce calme relatif, beaucoup le soupçonnaient, ne faisait que précéder une tempête dont il était impossible d'estimer la virulence.

Et c'était pour cette raison que l'ancien Maître Jedi Elena Kae, ces derniers mois, s'était attardée à moult reprises dans diverses régions de cette cité à l'échelle quasi-planétaire. Cela n'avait pas été sans provoquer en elle une peine immense, et soulever nombre de questions personnelles, enfin sans troubles considérables. Elle avait rarement autant douté d'elle-même que depuis l'intensification de ses séjours sur Taris, autrement dit, depuis les deux dernières années. Quelque chose de trouble et de néfaste se jouait à nouveau sur ce monde, dont il semblait qu'il était voué à ne jamais connaître une tranquillité durable.

Un mois qu'elle circulait donc à travers les gratte-ciels de la planète, mobilisant divers contacts, réseaux, alliés de circonstance ou sincères, ne s'accordant que le strict minimum en terme de repos. Le surmenage qu'elle s'infligeait commençait cependant à l'épuiser - elle n'était plus toute jeune -, et elle savait qu'à bord de son vaisseau, à proximité de Taris, mais hors des espions qui y pullulaient, elle pourrait se restaurer sans inquiétude. A priori...

Engagée dans une transe profonde, la Jedi Grise récupérait des forces à une vitesse incroyable. Ses nombreuses déambulations à travers la Galaxie, son entraînement et les épreuves qu'elle avait eues à surmonter tout au long de sa longue existence, tout cela lui avait appris à maîtriser les techniques de récupération Jedi comme peu de gens savaient le faire. Cela lui avait rendu bien des services, et sauvé la vie à plus d'une reprise. Elle n'avait été capable, et c'était là pour elle une grande source d'amertume, de communiquer ce savoir précis qu'à deux reprises dans son existence. La première fois, elle y était parvenue totalement. Concernant le second élève...non, elle ne devait pas y penser.

Elena Kae crut un temps que c'était l'infime effort que représentait le fait de chasser cette pensée parasitaire qui l'avait reconnectée à l'environnement extérieure restreint que représentait le cockpit du Silencio. Mais elle se rendit compte au bout de quelques secondes que l'on cherchait à la contacter. Elle réprima l'agacement qui avait commencé à poindre en elle : certes, elle était sollicitée en permanence, mais nul d'autre qu'elle-même en avait décidé ainsi. C'était son choix. De plus, elle était restée trois jours durant dans cette stase, et cela était plus que suffisant pour recharger ses batteries.

Le temps n'était de toute évidence plus au repos. Rien ne lui permettait de le deviner, si ce n'était un mauvais pressentiment, et une très légère perturbation dans la Force, qui faisait mouvoir comme de petites vaguelettes vaporeuses sur la peau de son crâne. Elle était conscience que d'aucuns auraient considéré ces manifestations psychosomatiques de son lien avec la Force, qui lui étaient propres depuis que son don avait commencé à se manifester, comme de franches bizarreries.

Pourtant, cela lui était si familier qu'elle n'y prêtait plus attention depuis des décennies. Mais elle interpréta ce phénomène apparemment anodin comme une forme d'avertissement lancé à travers la Force : plusieurs sensitifs s'étaient simultanément manifestés sur Taris, et pas des plus amicaux, craignait-elle. De fait, son expérience de la décennie 160, lors de la guerre civile, l'avait conduite, trente ans plus tard, à redouter la main des Sith derrière tout ce qui se passait de louche sur ce monde qui avait revêtu pour elle une forte charge symbolique. Mais il ne fallait pas y penser, encore une fois, et aussi difficile que ce fut.

En se branchant sur son canal personnel, elle apprit par un de ses contacts que ses propres soupçons se vérifiaient. Elle n'avait pas encore les moyens de vérifier parfaitement son intuition de départ, mais il fallait en avoir le coeur net. Soit il s'agissait d'envoyés Sith, soit de Jedi Noirs travaillant pour leur compte, et fricotant avec la pègre locale ; voire pire, intriguant pour obtenir des responsabilités politiques. Quoiqu'il se passât, cela représentait, ses impressions se précisaient à ce sujet, un danger réel pour la population de Taris.

La conversation ne dura que cinq minutes. C'était amplement suffisant pour que les quelques informations échangées permettent à Elena Kae de se faire une idée plus claire de ce qui se passait souterrainement sur la cité-monde. Sans hésitation, tout en maintenant activé son dispositif de camouflage, elle alluma les moteurs, puis prit la direction de la surface. Elle n'était pas encore sûre de savoir quelle serait sa cible, mais une chose était sûre : la chasse commençait.

________________________

Taris, dans la banlieue de la Ville Basse du Secteur D-27, cinq heures plus tard.

-En sommes-nous sûrs ?

Dubitatif, l'Anzat caressait du dos de la main gauche sa barbe naissante. Le front ridé par le doute, sa mine sceptique n'échappait pas à son holo-interlocuteur.

-Affirmatif. C'est bel et bien le Silencio. Nous avons pensé à le saboter, puisque l’Éminence en est absente, et qu'elle a négligé d'y laisser une forte surveillance, mais nous avons préféré vous contacter. Devons-nous passer à l'assaut ?


La réponse ne se fit pas attendre. Bien que l'apprenti Sith qui l'avait contacté disposait d'une équipe qui dominerait sans nul doute la petite garde établie autour du Firespray de la Jedi, autant par le talent au combat que par le nombre, attirer l'attention des autorités par une attaque, fut-elle brève et furtive, puis par la mise hors d'état de nuire d'un vaisseau connu sur Taris, était bien la dernière chose qu'il souhaitât.

-Négatif. Restez en observation, et faites-moi votre rapport dès qu'il se passe quelque chose de nouveau.
-Bien reçu mon Seigneur. Thren, terminé.


Alors que l'Anzat rangeait son holocommunicateur, il s'adossait au mur de la petite bâtisse, qui n'était qu'un des nombreux repaires du petit groupe qui s'était formé au cours de la semaine. Lui-même, un Arpenteur, et six apprentis. Ils n'étaient pas seuls : le soutien dont ils bénéficiaient sur le monde auprès de personnes importantes n'était pas négligeable, mais en terme de puissance de feu, ils étaient surclassés.

Aussi, le temps leur était compté : le Seigneur Pradh était toujours présent, mais guère disponible, même en cas d'extrême urgence : la situation sur Taris n'avait pas été jugée suffisamment intéressante pour que le Conseil Noir l'autorise à ruiner sa couverture. Même si l'entreprise conçue par Anachor et lui-même devait échouer, la mine d'informations que représentait le serennien avait la priorité.

Il fallait donc faire vite, et avec des moyens réduits. L'Anzat savait que la Jedi Grise, qui s'était posée quelques heures auparavant, s'entretenait avec un des plus importants groupes de mercenaires qui proposaient leurs services dans cette partie de la planète. Maudissant une législation trop souple, et même lâche, qui caractérisât Taris à ses yeux, le Sith enrageait : que faire ? Il était trop loin pour intervenir à temps, autrement dit, cette partie du jeu de saabac qui s'était engagé entre lui et Kae était perdue pour lui.

Restait à savoir comment il pourrait se rattraper. Or, il avait son idée : un vieux réseau criminel, qui datait de l'époque de Krayt ; une branche du Soleil Noir, qui, appâtée par les chances importantes de se constituer rapidement une solide fortune par le racket intensif des nombreuses familles plus qu'aisées qui se partageaient la domination sociale sur Taris, avait eu l'audace de rompre tout contact avec la célèbre organisation, et s'était rebaptisée l'Essaim d'Or.

Il les avait utilisés aux profits des Sith lors de sa précédente intervention sur la planète, entre 162 et 165, et avait appris à son retour que, démantelée un temps par les autorités assistées par les Jedi, elle avait refait surface depuis une dizaine d'années, et s'était lentement, et précautionneusement rétablie. Opérant à bords de speeders modifiés, agiles et bien armés, nantie d'une bonne connaissance du terrain urbain sur lequel s'effectuait la très grande majorité de ses opérations, cette nébuleuse pouvait s'avérer, une fois de plus, une alliée de poids pour le Seigneur Anachor...si il savait se montrer convaincant, et prouver que la victoire était acquise sur les adversaires qui se profilaient.

Quittant la petite et discrète maison, située à l'écart de la grande mégapole du secteur D-27, il prit la direction de cette dernière à l'aide d'un petit speeder appartenant à l'indicateur propriétaire de la bâtisse qui l'avait accueilli. Tout en prenant le chemin de la ville, il se fit la réflexion qu'il avait été plus que judicieux, de la part des Sith, de ne se doter d'aucun quartier général, mais d'adopter au contraire une position logistique remarquablement souple.

Ils disposaient de nombreux repaires, et, par conséquent, n'étaient pas particulièrement vulnérables sur un point précis, où il eut été facile de les attirer et de les piéger. Alors qu'une véritable petite guerre des gangs s'annonçait dans cette région de Taris, Darth Anachor se répétait mentalement les avantages et inconvénients de sa position dans le conflit imminent. Avec un sourire, il constata que les chances étaient relativement équilibrées. Ce serait suffisant, se dit-il, pour faire pencher la balance de son côté.
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MessageSujet: Re: [ Taris ] L'Eminence Grise - Solo   Mer 15 Juil - 1:22

Le lendemain, au petit matin, quelque part dans la Ville intermédiaire du Secteur D-24 Valorum...

Les négociations avaient été particulièrement âpres. Son interlocuteur se savait en position de force : on avait besoin de lui. Après plusieurs heures de discussions ininterrompues, tandis que les gardes qui entouraient le Vigo incontesté de l'Essaim d'Or se relayaient, celui-ci, le Weequay Joris Nagai, tenait bon, comme si la fatigue atteignait tout le monde, sauf lui. Le duel qui s'était ainsi engagé entre lui et le Seigneur Sith, se livrait autant au niveau des arguments que de la résistance physiologique.

Il avait 60 ans, et avait connu l'époque où les Tarisiens s'étaient entre-déchirés pour décider d'à qui reviendrait leur allégeance. Si il en avait retiré un profit certain, il n'aimait pas s'en rappeler. Il lui devait la perte d'êtres chers et des blessures pénibles, qui le faisaient encore souffrir par moments, lorsqu'il se négligeait. Les yeux plissés, le regard méfiant, le vieux chef de gang balafré achevait lentement son verre de Ruby Mary, puis, tout en le reposant sur la table qui les séparait, s'appuya sur son coude droit et pencha le buste vers l'Anzat.

-Votre Jedi serait seule, ou accompagnée uniquement par des collègues, croyez bien que je marcherais. Mais là, on parle du Bajt ( c'était une déformation passée dans le langage tarisien courant du nom du groupe de mercenaires/justiciers que Maître Kae avait contacté. Celui-ci se nommait en réalité le Bras Armé de la Justice de Taris ), et vous comprendrez que j'exprime, une fois de plus, des réserves.

Son adresse verbale certaine maquillait une franche hostilité, sinon envers la personne même du Sith, du moins envers sa proposition de réveiller les vieilles rancoeurs. L'ancien Vigo du Soleil Noir disposait, pour un criminel aguerri, d'un langage relativement châtié, et d'une culture qui signifiait qu'il avait certainement fait des études. De fait, Anachor avait découvert, en se renseignant au préalable sur l'individu qu'il lui faudrait convaincre, qu'il était un ancien cadet de l'Alliance, reconverti depuis longtemps dans le grand banditisme.

Cela avait contribué à renforcer la répugnance qu'avait eu le Sith à envisager une alliance, fut-elle de circonstance et très temporaire, avec ce personnage qui, de toute évidence, ne portait pas particulièrement les gens de son espècde dans son coeur. La politesse relative qui avait donc teint leurs échanges, maquillait à peine un sentiment mutuellement ressenti qui tenait de l'hostilité plus que d'autre chose. Les deux hommes ne s'aimaient pas, mais ils savaient qu'il leur faudrait faire affaire, comme au bon vieux temps.

Le Weequay n'était, ceci dit, guère partisan de l'Alliance, ou de quelque puissance fédérale ; il n'avait pas quitté l'école des officiers qu'il fréquentait sur Alpheridies pour le simple appât du gain. Ancien idéaliste, chose rare chez son espèce, il avait déçu par une visite sur Coruscant qui l'avait confronté brutalement à la réalité peu reluisante des intrigues du Sénat. Il s'était, depuis, juré de ne plus se consacrer aveuglément à quelque cause que ce fut, mais pour autant, il n'était pas devenu un chaud partisan du retour des Sith.

Pourtant, il avait combattu à leurs côtés, trente ans auparavant, il les avait soutenu dans leur tentative de s'emparer de Taris ; n'ayant pas connu directement la période de Krayt ( il était trop jeune pour en conserver un vrai souvenir ), il avait vu dans ses alliés ponctuels des incompris, les victimes de la propagande malveillante et grossière de la Fédération Galactique. Mais, peu à peu, au fur et à mesure qu'il se heurtait d'avantage chaque jour aux réalités du terrain, il déchanta, jusqu'à finir par jurer qu'on ne le reprendrait plus à se vouer à une idéologie, un clan, un parti...

Cultivant cet individualisme qui devait faire sa réputation, il décida que lui seul savait quelles décisions prendre pour être en paix avec sa conscience, et se conformer à ses propres valeurs. Il se livra donc à une activité de pirate à la tête de l'Essaim d'Or, rackettant les riches pour redistribuer une part de son butin aux plus démunis. En plusieurs décennies d'activité ponctuellement interrompue par la prédation de la justice tarisienne, il se tailla ainsi une belle réputation de bienfaiteur, qui l'aida à installer sa mainmise sur les populations marginalisées, mais nombreuses, des Villes Basses et des Bas Fonds.

Cette popularité n'avait pas échappé à l'Anzat, qui misait sur ce groupuscule pour cette raison, entre autres : il savait qu'il lui faudrait livrer une guerre des symboles, une lutte psychologique, et confronter des propagandes les unes aux autres, pour triompher de son adversaire mortel. Mais pour cela, il avait besoin de moyens que le Nouvel Ordre Sith ne pouvait lui conférer pour le moment. Il n'avait pas le choix : il devait convaincre le Weequay. Inspirant une pincée de tabac de carabbaba, puis se servant une lampée de café contenu dans un des thermos qu'il portait en permanence sur lui, il joignit les mains dans une attitude qui se voulait réfléchie, posée et persuasive.

-Les risques que vous courez sont plus maigres que vous ne l'envisagez. En effet, je ne vous mentirai pas : il se peut que nous ayons à combattre ces mercenaires. Mais considérez que si nous frappons par surprise, nous avons de grandes chances de l'emporter. A contrario, plus nous attendons, discutons, tergiversons, plus il se peut qu'ils débarquent à l'improviste.
-Pas chez nous. Vous n'avez apparemment pas été suivi. Ils ne savent pas que nous discutons en ce moment, ils ne savent pas que vous souhaitez vous allier avec nous.
-Ils peuvent très bien avoir anticipé ma démarche.
-C'est possible, mais rien ne le certifie. Spéculer ne sert à rien.
-Écoutez, je vous donne l'occasion de vous débarrasser définitivement, par un coup d'éclat qui impressionnera tout le monde, à la fois d'un concurrent et d'un ennemi mortel. Je ne vous oblige à rien...mais vous êtes sur le point de manquer l'opportunité d'un gros coup.


Le Weequay croisa les bras sur sa poitrine et s'enfonça profondément dans le dossier de son fauteuil. Il y avait du vrai dans ce que disait l'Anzat. Le Bajt s'était fait connaître pour son soutien aux divers gouvernements tarisiens qui s'étaient succédé durant les dernières années : ils prenaient le parti de la légalité, de la préservation des institutions et de la stabilité, là où l'Essaim d'Or marchait sur la corde raide.

Son orientation radicale, voire révolutionnaire, lui valait l'hostilité de beaucoup de monde, y compris de gens, de groupes et de réseaux qui pourraient être suffisamment impressionnés par ce que proposait le Seigneur Sith, pour voir l'organisation criminelle sous un nouvel angle. Il ne pouvait pas écarter ce gain considérable qui semblait à portée de main. De longues minutes passèrent, dans un silence de mort, puis, après avoir considéré toutes les options qui se présentaient à lui, et avec un soupir résigné, il se pencha à nouveau très légèrement vers Anachor.

-Soit. Vendu.


Réprimant une dévorante envie d'afficher sa satisfaction par un large sourire carnassier, l'Anzat resta impassible.

-Alors, préparons-nous. Nous passerons à l'action très bientôt : l'attaque doit se faire au plus vite.


_______________________

Le lendemain, en début d'après-midi. Quartiers Ouest de la Ville Intermédiaire du Secteur A-13 Roan Fel.

Elle avait passé la nuit dans une chambre spartiate qui lui avait été assignée par le Bajt. Ce dernier, connu pour ses moeurs austères, vivait de façon quasi-monacale, et fonctionnait selon une éthique exigeante, qui n'était pas sans rappeler l'Ordre Jedi. Du moins était-ce la réflexion qu'elle se faisait, alors qu'elle se préparait à s'entretenir à nouveau avec le chef de ses nouveaux alliés. Ces derniers étaient tout acquis à défendre Taris de toute tentative d'ingérence, à fortiori si il s'agissait d'une intrusion Sith. Elle leur faisait confiance, et n'était pas peu rassurée par la proximité de leur style de vie avec le sien propre. Elle avait toujours vécu ainsi.

La vénérable Maître Kae, après s'être autorisée une petite sieste en fin de matinée, se rendait à présent dans la cellule de crise du bunker lourdement protégé qui abritait les quelques dizaines de mercenaires aguerris, qu'elle pouvait désormais considérer comme plus ou moins sous ses ordres. Elle n'y avait pas tenu, mais le dirigeant de l'organisation la respectait suffisamment pour avoir insisté : si quelqu'un pouvait conduire les opérations, c'était bien elle. On savait qu'elle était une Echani : leur réputation la précédait, partout où elle allait. Elle avait vite compris qu'il ne servait à rien de se montrer tatillonne ou maniérée. Elle avait accepté, et faisait désormais office de commandant en chef de la bande.

Cela ne l'empêchait pas de se sentir singulièrement nerveuse. Si elle se rendait au bureau stratégique de Ondula Bane, le robuste meneur du Bajt, ancien commando hapien, c'était aussi bien pour superviser les opérations que pour se rassurer elle-même en consultant un vieux routier de la guerre. Sa propre expérience, pourtant, aurait du la prémunir contre un tel manque de confiance en elle : ce n'était pas la première fois qu'elle avait à commander. Mais sur Taris, depuis vingt-cinq ans, rien, pour elle, ne se passait comme d'habitude...

Elle allait se mettre en route, lorsqu'un brutal mal de crâne la fit chanceler. Prise de vertiges, elle s'agrippa à la poignée de la porte de sa chambre pour s'empêcher de chuter. Sentant poindre un début de nausée, elle respira fortement par le ventre, et prit le temps de faire le vide dans son esprit. La lutte intérieure dura une bonne minute, puis les troubles se calmèrent. Inquiète, elle savait qu'elle venait de ressentir à la fois une forte perturbation dans la Force, dont la source se situait non loin d'elle, de toute évidence, et un malaise à la pensée de l'ancienne guerre...non, pas y penser, ne pas y penser. Il fallait évacuer ce qui la parasitait.

Une fois qu'elle se fut bel et bien calmée, elle se mit en route. Cinq minutes plus tard, après avoir évolué dans un complexe réseau de boyaux métalliques, elle faisait son entrée dans la petite pièce circulaire, où l'attendait le géant qui lui avait accordé toute sa confiance. Ce dernier l'accueillit, lui servit à boire, puis ils se mirent au travail. L'adversaire était connu, tout désigné : l'on savait qu'il avait entrepris de contacter des amis de la pègre, pour se doter d'une puissance de frappe et d'une profondeur stratégique, mais il avait été impossible de savoir qui exactement, ainsi que l'endroit où le rat womp se terrait.

Malgré son calme naturel, l'ancien commando de la Reine-Mère ne parvenait pas à dissimuler son inquiétude, dont l'origine était par ailleurs tout à fait claire, à la différence de celle que Helena Kae cultivait malgré elle. Ils évoluaient dans le brouillard, en dépit d'une réelle supériorité, qui pouvait, cependant, ne pas durer. Ils le savaient, et convinrent d'établir une série de plans et de protocoles qui leur permettraient de parer à toute situation. Ils savaient que le plan le plus abouti ne résistait pour ainsi dire guère aux premiers tirs de blaster : aussi travaillèrent-ils d'arrache-pied pour édifier les programmes de défense les plus souples et adaptables possibles.

Ils avaient achevé depuis peu ce travail exigeant, et s'apprêtaient à retourner chacun dans ses quartiers, lorsque l'alarme de la base se mit en action violemment. L'homoterminal de la pièce envoya un signal, et un instant plus tard, l'un des lieutenants de Ondula Bane apparaissait, blessé. Il expliqua qu'une de leurs bases principales avait subi une attaque menée par des bandits disposant de speeders. Harcelés, ils avaient vite été réduits à ne plus être qu'une poignée, et avaient désespérément besoin d'aide.

L'action ne se passait pas à proximité du QG, et Ondula Bane avait d'avantage l'expérience de ce genre d'interventions : de plus, Elena Kae était assurément la tête pensante du tandem, et elle devait rester pour superviser les opérations, et gérer l'envoi d'éventuels renforts supplémentaires, au cas où les choses tourneraient encore plus mal. Il n'y eut pas de discussion. Le mercenaire partit donc, avec la majorité de ses combattants, sur les lieux de l'embuscade, pour délivrer le convoi humanitaire dont ils assuraient la protection de la mainmise des nouveaux venus.

Elle faisait les cent pas dans la cellule de crise depuis plusieurs minutes, s'inquiétant de ne pas avoir de nouvelles de Bane, lorsque le mal qui l'avait frappée auparavant l'assaillit de nouveau. Trépignant de colère, tremblante et pâle, elle faillit finir à quatre pattes, se raccrochant tantôt au rebord de la table, tantôt, sous l'effet de la crise violente qu'elle subissait, aux dossiers ou aux bras des chaises. C'était encore plus intense que tantôt, et elle se remettait à peine de ses émotions qu'un des officiers restés sur place, qui se trouvait être l'un de ceux qu'elle connaissait le mieux, l'avertissait que la base elle-même était attaquée. Saisissant immédiatement que l'embuscade de tantôt avait sans nul doute servi de diversion pour leurs ennemis, elle dégaina son sabre laser, et se rua aux défenses. La guerre venait, de nouveau, ébranler les fragiles fondations de Taris...

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MessageSujet: Re: [ Taris ] L'Eminence Grise - Solo   Jeu 16 Juil - 16:43


Les moulinets secs, d'une précision efficace, faisaient leur office, la lame bleue ciel de Maître Kae tourbillonnant élégamment dans le grand hall de la base des Bajt, perçant l'obscurité qui était tombée sur la base, après que de petits groupes d'infiltration de l'Essaim d'Or eussent fait sauter les générateurs. Cette action avait été soigneusement calculée : elle devait arriver pile au moment où les renforts mercenaires devaient se ruer sur les premières lignes, afin de les plonger dans la confusion.

C'était à ce moment précis que quelques sections d'assaut lourde, qui s'étaient dissimulées et disséminées dans la base, l'infiltrant grâce à de puissantes ceintures de camouflage fournies par les Sith, devaient intervenir. Guère suffisamment nombreuses ou équipées pour causer par elles-mêmes de lourdes pertes aux mercenaires, lourdement protégés, bien armés, et munis de casques à vision infrarouge, elles devaient cependant semer la confusion dans leurs rangs, les harceler, les étaler dans toute la base.

Ainsi, le plan consistait à éviter toute possibilité de concentration de la part de l'adversaire. Forcé de se disperser à son tour, il serait maintenu dans cette position désavantageuse, tandis que le groupe des Sith, resté en observation, surgirait, éliminant un à un chaque noyau de résistance. La cible prioritaire était bien évidemment, pour eux, L'Eminence Grise : plus vite on tomberait sur elle, mieux cela vaudrait.

Cependant, ils avaient conclu un accord avec l'Essaim d'Or : il fallait causer le plus de pertes au Bajt, et, si possible, dans l'idéal l'éradiquer complètement, grâce aux deux attaques simultanées. Aussi, ils ne se priveraient pas de faire un carnage. Durant quelques minutes, tout se passa comme prévu, et les mercenaires se comportèrent comme Anachor, qui avait conçu les grandes lignes du plan, l'avait anticipé. Le hic était que Elena Kae s'était montrée d'emblée, et que, à la tête des premières lignes de défense, elle parvenait à contenir les groupes d'assaut qui, autrement, auraient déjà pu submerger la base, avec l'appui des Sith.

Or, ces derniers hésitèrent à se montrer si vite, alors que le combat s'engageait à peine. Se dévoiler aux yeux de la redoutable Maître Jedi pourrait se montrer d'autant plus risqué, que l'on ignorait si elle ne disposait pas elle-même de renforts sensitifs, voire même fédéraux. La situation s'avérait d'autant plus tendue, que l'Anzat, sortant de son observation de l’Éminence Grise, recevait de mauvaises nouvelles via son comlink.

En effet, Joris Nagai, qui avait pris la tête du groupe chargé de la diversion, rencontrait une forte résistance : l'avant-garde d'Ondula Bane était arrivée à la rencontre de ses speeders d'assaut, et son mordant laissait augurer des difficultés bien supérieures encore, une fois que le gros des renforts serait arrivé sur place. Si le Seigneur Sith voulait que chacun remplisse sa part du marché, et arriver plus généralement à ses fins, il lui fallait intervenir, et vite, pour remporter la victoire au moins sur le front principal que représentait la base des mercenaires.

Ce dernier assura au Vigo Weequay qu'à la fin de la journée, ils fêteraient ensemble leur victoire, parmi les décombres fumantes de l'ancien quartier général de leurs adversaires, à la mémoire desquels ils trinqueraient honorablement, comme il convenait lorsqu'on avait terrassé de si redoutables combattants. La mine sceptique de Nagai le ramena à une attitude moins emphatique, et il l'incita à ne pas sauter les étapes, et à se montrer pragmatique. La victoire n'était pas encore acquise.

L'Anzat n'eut pas besoin de se le faire répéter, et, d'un signe, il fit comprendre à ses collègues Sith qu'il était temps de rentrer dans la bataille. Ils surgirent donc de l'ombre, et descendirent des hauteurs urbaines d'où ils avaient, jusque là, observé l'évolution des combats. Il était clair que l'avant-centre ennemi, d'où Maître Kae tenait bon, et dirigeait l'ensemble des forces du Bajt, ne pouvait pas être attaqué de front. Les Sith se scindèrent donc en deux groupes, qui s'infiltreraient par les flancs, tomberaient directement dans les coursives de la base mercenaire, avant de prendre l’Éminence Grise par derrière.

A la tête de deux apprentis, il s'occuperait du flanc gauche, tandis que l'Arpenteur dirigerait les quatre autres élèves Sith, et s'en servirait pour percer le flanc droit. Si Anachor, lui-même, était suffisamment puissant et expérimenté pour triompher, quoique non sans mal, de l'importante poche de résistance que les mercenaires avaient réussi à établir sur trois pièces, l'autre groupe subit des pertes importantes, quoique taillant sans pitié dans les rangs du Bajt.

En effet, les justiciers tarisiens ne s'étaient pas attendus à devoir affronter des sabres laser, étant donné que Maître Kae n'avait parlé de l'éventualité d'en voir apparaître qu'à Ondula Bane, et que ce dernier avait jugé bon, pour le moral des troupes, de ne pas causer d'alarmes inutiles en évoquant cette possibilité. Si la surprise initiale joua en la faveur des Sith, qui firent un carnage, leurs adversaires n'étaient pas nés de la dernière pluie, et ils réussirent à reformer leurs rangs, pour opposer des barrages de lasers nourris et denses, qui décimèrent les apprentis.

Au final, ceux-ci avaient succombé dans leur intégralité. Les rangs ennemis étaient enfoncés, et les mercenaires postés à l'intérieur même de la base refluaient en désordre pour l'évacuer. L'autre groupe, dans le hall, constituait cependant un môle contre lequel tous les assauts de l'Essaim d'Or venaient se briser. Anachor et l'Arpenteur Sith se rejoignirent finalement dans la coursive d'accès principal qui séparait cette dernière pièce du réseau de salles constituant la base proprement dite.

A la tête des quelques loubards qui restaient, tous fourbus et blessés, les survivants Sith se ruèrent donc en direction du noyau de résistance organisé par Elena Kae, qui continuait à se battre furieusement. Aisément reconnaissable à la vive lueur bleutée qu'elle faisait tournoyer avec une suprême aisance, parant tous les tirs qui lui parvenaient, elle témoignait d'une maîtrise impressionnante du Soresu. Anachor se souvenait vaguement qu'elle avait engagé contre lui, vingt-cinq ans plus tôt, un redoutable Shien, et se fit la réflexion qu'elle était, décidément, une guerrière d'exception.

Il se faisait, dans le dos de l'Echani, la réflexion qu'il était plus que dommage qu'elle se trouvât dans le camp adverse, et que des talents aussi brillants, et aussi rares, étaient absolument indispensables à la survie et à la grandeur du Nouvel Ordre Sith. Mais la convertir était, évidement, quasiment hors de question. Y parvenir n'était pas entièrement impossible, mais représenterait un travail d'une longueur et d'une intensité telle qu'il n'était guère utile d'y songer.

Il en était à ce point dans ses réflexions, lorsque son comlink personnel bipa à nouveau, laissant apparaître une représentation holographique miniature de Joris Nagai. Sérieusement blessé, un bandage sommaire confectionné à l'épaule gauche, il conduisait un speeder, et semblait poursuivi, puisque des tirs de blasters fusaient tout autour de lui. Il lui fit comprendre que son groupe avait du battre en retraite, et qu'ils tentaient d'attirer leurs poursuivants le plus loin possible de la base.

Mais il ne fallait pas se faire d'illusion : Ondula Bane savait que son QG était assiégé, et il était évident qu'il était déjà en route pour la rallier, avec le gros de ses forces. Il fallait donc que les Sith, soient triomphent rapidement, soit vident les lieux au plus vite. Anachor l'assura qu'au soir, ils seraient vainqueurs, et coupa la conversation. Le véritable duel, qui avait motivé toute cette mise en branle, commençait.

_______________


Tandis qu'elle voyait les rangs des mercenaires se vider peu à peu, et que le cercle autour duquel elle bondissait furieusement pour parer le plus de tirs ennemis possible se resserrait, Elena Kae souffrait profondément du même trouble qui l'avait tourmentée tantôt à deux reprises. Déstabilisée par une forte perturbation dans la Force dont elle commençait à soupçonner la cause, prise de vertiges, gênée dans ses mouvements par la nausée qui la reprenait, elle baissa sa garde un temps, et reçut une blessure à l'épaule gauche.

Tandis que les mercenaires faisaient une brèche dans le cercle pour l'accueillir, tout en dressant un barrage de tirs pour la couvrir, elle serra les dents tout en se repliant contre son gré. Examinant la brûlure, elle constata qu'elle était étendue, mais légère. Se déplacer et manier son sabre serait douloureux, mais elle pourrait continuer à le faire. Pendant ce temps, certains groupes ennemis s'étaient ragaillardis, rassérénés par ce qu'il pensait être une mise hors d'état temporaire de la Maître Jedi. Ils se lancèrent donc à l'assaut, et furent promptement repoussés par une vague de Force, avant d'être tués par des tirs précis.

Anachor, de son côté, observant la situation, se décida. Lui et l'Arpenteur se déplacèrent lentement vers le cercle du Bajt, parant sans difficultés les tirs qui leur parvenaient. Peu à peu, ceux-ci finirent d'ailleurs par diminuer, puis cesser complètement lorsque le duo arriva à la hauteur de Maître Kae, qui s'était frayée un passage, pour aller à leur rencontre. Ils s'arrêtèrent au beau milieu du vaste hall, et se toisèrent, le guerrier Sith situé légèrement en retrait par rapport à Anachor. Il avait compris que c'était une affaire entre le Seigneur et la Maître.

Le temps sembla se susprendre, tandis qu'ils s'examinaient, yeux dans les yeux, prêts à bondir. L'hostilité paraissait suer de tous leurs pores, et il n'était pas nécessaire d'être sensible à la Force, pour pouvoir ressentir physiquement, dans sa propre chair, l'indicible haine qui faisait frémir les deux individus en bure. Celle-ci semblait emplir toute la pièce. Finissant par rompre le silence mortel, Anachor croisa les bras sur sa poitrine, et étira ses lèvres en un rictus. Vous m'avez manqué. Kae hocha la tête, atterrée. Tant de morts causés par les enjeux ressentis par deux seules vies qui ne valent pas mieux que d'autres. Le Sith eut un rire de poitrine bas et rauque. Moi-même, je n'en reviens pas. Trêve de plaisanterie ! Elle se passa la main sur le visage, exténuée. Le mauvais goût des Sith se ressentira toujours autant dans leur humour glauque.

Sourcils froncés, se fatiguant déjà de ce duel verbal, le Seigneur Anachor se défit de sa bure, laissant voir sa tunique de cuir noir renforcé abîmée par les combats intenses qui venaient de se jouer. Rumeur de murmures s'élevant comme une volée de moineaux, chaque combattant présent comprit que le duel qui était sur le point de s'engager serait de ces choses que l'on ne voyait qu'une fois dans sa vie, lorsqu'on faisait partie du commun des mortels.

D'autres bruits de chuchotements, ainsi que le déclic des armes, se firent entendre alors que Elena Kae imitait son vis-à-vis, laissant voir qu'elle était vêtue d'une tunique de lin couleur crème. Arrangeant un chignon avec sa longue chevelure argentée, ses yeux pâles fixaient intensément l'Anzat, qui ne cillait pas. Quand vous voulez. Il eut cependant un mouvement de recul nerveux, lorsque la lame bleutée surgit soudainement. Il n'avait même pas pu voir le changement d'expression faciale de l’Éminence Grise, ni le geste preste qu'elle exécuta pour attirer mentalement son sabre laser, et eut à peine le temps de dégainer à son tour. Il lui fallut faire quelques vifs pas en arrière pour se donner le temps d'échapper à deux coups de taille et un dernier d'estoc, et parvenir à bloquer la lame de son adversaire. Je suis à vous.

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Darth Anachor
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MessageSujet: Re: [ Taris ] L'Eminence Grise - Solo   Jeu 16 Juil - 17:51


Le ballet mortel commençait. Les deux bandes s'étaient regroupées de part et d'autre de la pièce afin que tous puissent observer ce spectacle raffiné, sauvage et rare que représentait, pour eux, un combat au sabre laser, qui plus est, mené par des duellistes experts dans leurs arts respectifs. A nouveau, tel qu'il s'était déroulé vingt-cinq années plus tôt, le Makashi s'engageait contre le Shien. Deux styles racés, économes, gracieux. Et fondés sur une précision mortelle plutôt que sur la puissance brute.

Bientôt, cet engagement relativement statique dériva vers une danse de plus en plus vive et exigeante, au fur et à mesure que le duel gagnait en intensité. Selon un crescendo impitoyable, les sabres se croisèrent toujours plus vite, donnant des coups toujours plus vicieux. Le moment des acrobaties ne se fit pas attendre, et tous deux mélangeaient leurs styles de prédilection à un Ataru mortel, qui semblait être mieux pratiqué par l’Éminence Grise que par l'Ermite.

Mais celui-ci, avait pour lui de connaître certaines arcanes du puissant Djem So, dont il n'hésitait pas à user pour créer la surprise, lorsqu'il lui semblait qu'une faille se créait dans la défense de sa brillante adversaire. Il parvint à la déstabiliser plusieurs fois, et à lui tailler une autre blessure au niveau de la hanche gauche, ce qui s'ajoutait à la brûlure dont elle souffrait depuis déjà quelques minutes.

Cependant, après un échange où tous deux se battaient en virtuose, ponctuant leur mêlée de moments où ils s'éloignaient l'un de l'autre, et se tournaient autour, en se narguant et défiant mutuellement. Ces brefs moments de relative accalmie leur permettaient de reprendre un peu de souffle, mais également, du moins pour le Sith, de se livrer à la technique ancienne et bien connue du Dun Möch, le combat psychologique par le verbe.

Ceci dit, et bien qu'il fut un expert dans le domaine, il ne parvint pas à briser la résistance morale de Maître Kae. Trop robuste psychologiquement elle-même, trop expérimentée, trop forte, en un mot. Et le duel se poursuivit, mêlé, au bout de vingt minutes d'affrontement acharné, de coups de poings, de genoux, de pieds, vicieux et traîtres. La brutalité croissante de l'engagement fit croire qu'il en viendrait à se déchirer mutuellement de leurs propres mains, tant la sauvagerie, la haine et la nécessité ressentie par chacun de débarrasser la Galaxie de la présence de l'autre, luisaient dans leurs yeux, transparaissait dans leurs gestes, semblaient les inspirer.

Puis, Kae finit par prendre l'avantage sur le Sith. Ils s'étaient jetés l'un sur l'autre, et après avoir échangé des moulinets qui perdaient peu à peu de leur élégance originelle, pour adopter une puissance et une violence qui les rendaient moins précis, mais plus efficaces si le coup portait. Puis, un temps, les lames se bloquèrent. L'un poussant sur le sabre de l'autre, les traits déformés par la rage, grondant comme des fauves, Kae persévéra un temps, puis feignit de faiblir. Cédant à l'impulsion de l'Anzat, elle s'écarta par un pas de côté qui entraîna Anachor dans son élan. Elle en profita pour lui infliger une large entaille dans le dos qui lui arracha un cri.

Se retournant, voûté par la douleur, la bave aux lèvres, le Seigneur Sith fixa l’Éminence Grise, puis lui décocha soudain de puissants Éclairs de Force, qu'elle parvint à contenir de sa lame. Repoussant celle-ci violemment après une dizaine de secondes qui fatiguèrent visiblement son adversaire, elle s'approcha de celui-ci, et lui décocha un coup de pied dans la mâchoire, qui le mit à terre.

Tentant péniblement de se relever, se forçant, malgré la douleur, à expulser de sa bouche le sang qui commençait à s'y accumuler, projetant d'immondes filets de salive rougeâtre, l'Anzat faisait l'impossible pour garder sa dignité de combattant, mais faisait malgré tout pâle figure. Il attira son sabre à lui...pour être aussitôt désarmé, avec une facilité humiliante, par un revers de lame de l'Echani. Celle-ci pointa sa lame sur la poitrine du Sith, et la frôle de la pointe de son sabre, pour lui faire comprendre que cette fois-ci, contrairement aux habitudes des Jedi et même aux siennes propres, il n'y aurait pas de quartier. Je vous laisse le mot de la fin.

Darth Anachor, déglutissant péniblement, allait répondre lorsqu'il vit que l'Arpenteur, qui s'était joint au cercle d'observation durant tout le duel, s'approchait furtivement. Puis, au moment où Kae levait sa lame, il bondit en vrille, sabre rougeâtre pointé devant lui. Cela n'avait pas échappé à la vieille femme, qui, avec une vivacité surprenante, exécuta un saut de Force en salto arrière. De toute évidence, elle s'était tout à coup souvenu de la façon dont son adversaire lui avait fait tuer son apprentie, Lora Dino, et, goûtant l'ironie de la situation, avait bondi afin de réserver au Seigneur Sith un sort identique. La boucle, ainsi, eut été bouclée.

Mais quelqu'un, parmi le groupe des mercenaires du Bajt, avait paniqué : afin de protéger Maître Kae de l'attaque traître, il avait ajusté son fusil blaster sur l'Arpenteur Sith, et appuyé sur la gâchette au moment propice. Ce fut moins une. Une seconde de plus, et l'Anzat eut fini bêtement empalé par un de ses pairs. Tandis que Kae, frémissant de rage et de frustration, cherchait du regard qui avait pris cette initiative, l'Arpenteur déviait de sa trajectoire sous le coup du laser qui avait fait mouche.

Tombant mollement à côté de l'Anzat, qui réalisait avec un temps de retard ce qui se passait, momentanément sonné par les évènements et l'imminence de sa propre mort, le guerrier Sith tenta de se relever, mais fut décapité sec par un lancer de sabre laser exécuté par Kae, avant d'avoir pu se défendre. Alors, Anachor se rendit compte de ce qui venait d'arriver. Revenant à la réalité, et réfléchissant à toute vitesse, il eut une idée.

Tandis que Kae, se reportant sur lui, avançait en faisant tourbillonner son sabre d'une façon éloquente, quant au sort qui semblait devoir s'abattre sur le Sith de manière imminente, il eut le temps de prononcer quelque mots...et des tourbillons d'une dense et étrange poussière noire se formèrent autour de ses mains, de ses avant-bras, avant d'émaner autour de tout son corps, comme une fumée surnaturelle...qui se referma sur lui.

L'instant d'après, il avait disparu. Étonnée, sentant poindre en elle l'angoisse, elle vit alors, très vite, toute la pièce s'emplir de cette substance mystérieuse...l'Aura de Ténèbres, un des plus anciens et redoutables tours de l'antique Sorcellerie Sith, retournait la situation au profit de Darth Anachor. Se sentant léchée, puis se voyant littéralement agressée, mordue, brûlée, par ces tentacules vaporeuses qui couraient autour d'elle, la harcelaient, et semblaient vouloir la dépecer toute vive avec une lenteur atroce, elle fut, pour la quatrième fois, en proie aux troubles de tantôt.

Mais cette fois-ci, bien plus accentués, plus cruels, plus mordants. Cette terrible déstabilisation spirituelle la mit, à son tour, à genoux. Tandis que des murmures insanes, obscènes, roulaient dans son esprit, des hallucinations de toutes sortes se faisaient jour. Se débattant furieusement, usant de la technique de Malacia pour repousser cette emprise diabolique qui se faisait sur son corps et son esprit, elle se sentait faillir, faiblir, sombrer...

Et bientôt domina, parmi les ricanements cruels, qu'elle put encore identifier comme étant ceux du Seigneur Sith, qui, quelque part, l'observait se débattre, et se dissoudre peu à peu dans un étrange et effrayant délire, la voix pressante, mourante et lancinante, de sa propre apprentie, Lora Dino. Pourquoi l'avait-elle tuée ? Pourquoi l'avoir embarquée dans cette traque qui lui avait coûté la vie, ainsi qu'à son cher époux ? Larmes aux yeux, torturée par ces voix qui se réunissaient pour lui percer la conscience comme mille aiguilles cherchant fébrilement son ultime noyau de résistance interne, pour le percer d'un bon coup...elle s'effondra.

_______________


C'est à ce moment qu'arriva tout un convoi, qui s'accompagna de nombreux tirs de lasers, émanant de l'entrée qui menait au hall. Des dizaines de mercenaires, qui n'étaient autres que les renforts de Ondula Bane, enfin arrivés, s'élancèrent par plusieurs vagues, et mitraillèrent littéralement l'entière surface de la vaste pièce. Le combat reprit, après cette confusion ténébreuse, qui se dissipa peu à peu.

Anachor, par quelques sauts de Force, avait pu gagner une position en surplomb, d'où il assista à la complète et rapide déroute de ses forces. Tandis que les membres de l'Essaim d'Or, tout en se défendant avec l'énergie du désespoir, tombaient comme des mouches, il comprit que la situation était perdue. Bien qu'évanouie, Maître Kae restait vivante, et il n'aurait pas le temps ni le loisir de se frayer un chemin jusqu'à elle pour l'achever.

Bouillonnant de fureur, il admit sa défaite, et s'éclipsa. Des hommes qu'il avait menés à l'abattoir, en leur promettant richesse et gloire, aucun ne resterait pour témoigner de sa déconfiture. Quelques minutes plus tard, tout était fini. Des dizaines de cadavres parsemaient la pièce, et, littéralement agglutinés les uns sur les autres, bloquaient le passage dans les couloirs de la base.

L'on transporta Maître Elena Kae à l'infirmerie. Par ultime réflexe Jedi, elle s'était plongée en stase, une technique très ancienne, et qu'elle maîtrisait parfaitement. C'était sans doute grâce à son usage qu'elle avait échappé à la folie, la possession, ou à quoi qui l'eut attendue, si jamais elle n'y avait pas eu recours. Elle en émergea peu à peu. Trois jours plus tard, elle revenait à elle.

On lui apprit que les soutiens des Sith, ainsi que ceux parmi ces derniers qui n'avaient pas pris part aux combats, avaient eu le temps, pour ce que l'on en savait, de fuir la planète, ou alors, de s'y terrer à l'abri de toute possibilité de surveillance. Lorsqu'elle demanda ce qui en était d'Anachor, lorsqu'elle s'agrippa à l'avant-bras de Ondula Bane jusqu'à le griffer, pour avoir la certitude qu'il avait bien été fait prisonnier, on dut bien la décevoir.

Elle masqua sa frustration. Toutes ces vies perdues, toutes ces familles brisées...pour rien. Tout était à recommencer. Le Sith avait subi une défaite, mais sa victoire à elle avait un goût bien amer. Elle avait perdu nombre de combattants valeureux, qui auraient pu continuer à la soutenir dans la suite de son entreprise de justice. Le Bajt avait considérablement souffert, sa base était dévastée, le convoi humanitaire qu'il devait acheminer en bien piteux état.

A peine s'agissait-il d'une victoire. Et, tandis qu'elle se restaurait, recevant plus que jamais la gratitude des tarisiens, le Seigneur Anachor rompait tout contact avec ses agents sur la planète. C'eut été trop risqué pour eux. Il aurait voulu, une dernière fois, contacter Darth Pradh avant son départ, pour le mettre en garde contre l’Éminence Grise, mais peine perdue. Il dut fuir au plus vite, piteusement, et songeait à la façon dont il trafiquerait le récit de son aventure, tandis que le Purple Dart, de nuit, s'envolait en direction de l'Espace Sith. Pour lui aussi, tout était à recommencer.
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