Star Wars - L'Aube du Crépuscule

Saison 6 - Dissimulation / Jeu de rôle et espace détente sur forum sur le thème Star Wars
 
Bienvenue sur l'Aube du Crépuscule voyageur égaré, ce forum est cependant fermé. Nous vous invitons à consulter nos partenaires en espérant trouver le forum qui vous convienne.

Partagez | 
 

 Une saison en Enfer, partie I

Aller en bas 
AuteurMessage
Darth Anachor
Seigneur Sith
Seigneur Sith
avatar

Masculin
Nombre de messages : 199
Age : 28
Titre : L'Ermite
Humeur : Equanime en apparence...
Date d'inscription : 07/03/2015

Feuille de personnage
Allégeance: Nouvel Ordre Sith de Krayt
Rang: Mystique Sith
Niveau de combattant: 4

MessageSujet: Une saison en Enfer, partie I    Mer 18 Mar - 18:16


Certes, le Nouvel Ordre - terme qui déplaisait de plus en plus au Seigneur Anachor, car lourd de significations que ses membres, quasi-systématiquement, n'assumaient pas - n'était pas riche. Il avait cependant eu la chance d'hériter de bien des trésors enfouis au coeur des anciennes métropoles de l'âge d'or impérial, sous les cent ans de règne de Marka Ragnos, notamment. L'Académie, ainsi, avait pu être bâtie non loin d'un ancien mausolée. Ce dernier abritait les restes de sorciers Sith anonymes enfouis ultérieurement, mais il avait été initialement une bibliothèque, et un lieu de recherche et d'expériences.

Il palpitait encore d'énergies obscures, et contribuait ainsi à véhiculer dans la région toute une aura particulière, qui semblait altérer la perception que quiconque s'y trouvait pouvait se faire du temps et de l'espace. D'une certaine manière, cela équivalait à se trouver sur une planète dont la gravité eut beaucoup différé de celle de Ziost. C'étaient du moins les ressentis obscurément exprimés que partageaient tous les élèves ; les Sith plus avancés dans la hiérarchie n'y faisaient plus attention depuis longtemps.

Il n'en restait pas moins que cela contribuait à permettre une formation de qualité ; il était, en ces terres consacrées, très aisé de s'imprégner de la puissance de la Force, d'en appréhender les voies, d'en aborder les mystères. Mais ce n'était pas, à terme, sans danger ; il s'agissait également d'un lieu d'épreuves. On y souffrait parfois amèrement, et l'enseignement Sith, même si les programmes faisaient toujours l'objet de débats animés, et de violentes disputes qui pouvaient mener jusqu'aux duels, se caractérisait par la place qu'il accordait à l'endurcissement et aux épreuves cruelles. Il n'y avait là rien de pervers, ou de glauque : il n'était pas question que quiconque y prit plaisir, quelle que fut sa situation : enseignant ou élève.

Sans doute, cela avait du être le cas auparavant, dans les temps anciens : mais la nouvelle discipline instaurée par la règle du Sith unique avait durci certaines dispositions des inspecteurs dépêchés traditionnellement auprès des académies pour vérifier que l’enseignement dispensé était bien canonique. Cette coutume remontait, elle aussi, à ce temps de stabilité et de prospérité que fut le règne de Marka Ragnos, et elle avait été respectée chaque fois que cela avait été possible.

Mais Darth Trazyn avait détonné et surpris, en déclarant, dès son accession au pouvoir, qu'il se montrerait intraitable : dans le cadre d'une unité qui devait être ressentie, vécue, et entretenue par tous, tout sadisme entre Sith, sans exception selon la place hiérarchique, était proscrit. L'ère où les apprentis mourraient à foison au gré d'épreuves impitoyables et de maltraitances était bien révolue, et les gens intelligents, parmi le Nouvel Ordre, se félicitaient de la sagesse doublée de fermeté du nouveau Seigneur Noir.

Leur petit nombre n'aurait de toute façons pas permis l'adoption de telles libertés à l'égard des novices. Ceci dit, on ne coulait pas non plus des jours paisibles à l'Académie de Ziost. Les traditions avaient été respectées dans l'élaboration de l'instruction : cette dernière était toujours aussi dure, épuisante, perturbante. Sa violence allait jusqu'à la cruauté, mais la réforme de Trazyn supprimait le plaisir et la gratuité que certains professeurs, jouissant de leur supériorité et de leur force, pouvaient ressentir et exercer durant leurs leçons. C'était là l'évolution importante apportée dans l'éducation Sith.

Les faibles continuaient certes à mourir : mais uniquement du fait de leur incompétence, de leur ignorance, et de leur laisser-aller. Il n'était plus acceptable que les élèves intriguent pour s'éliminer les uns les autres, et consacrer la victoire, non du plus apte, mais du plus perfide. Cela n'était pas allé sans protestations de la part des puristes, mais le Seigneur Noir était intraitable, et il avait su terrifier suffisamment les frondeurs pour qu'ils s'adaptent aux nouvelles mesures, et à la pédagogie nouvelle qu'elles véhiculaient.

Lorsque Anachor avait été mis au courant de ces bouleversements et crises internes, il s'était rendu compte de l'énorme différence qu'il y avait entre ceux qu'il avait décidé de rejoindre, et l'image qu'il s'était faite des restes de l'Empire de Krayt. L'intelligence, presque la mesure, avec laquelle Trazyn gouvernait, attirait toute sa sympathie depuis des décennies, et lui avait valu l'estime et le dévouement de l'Anzat. Mais avec le temps, d'autres idées roulaient dans la tête du Seigneur Sith, qui ne pouvait s'empêcher de considérer que les siens risquaient de s'enfoncer dans une placide auto-satisfaction, et dans la stagnation.

Trazyn était sage, prudent, et sa manie du secret avait permis à l'Ordre de récupérer, de reprendre doucement des forces. Mais Anachor sentait qu'il fallait passer à la vitesse supérieure, après plus d'un demi-siècle de retrait des affaires de la Galaxie. Comment procéder pour renforcer l'Ordre était sa principale préoccupation, mais il devait la garder pour lui. Même ses anciennes apprenties ne se doutaient qu'à peine des nouveaux projets qui avaient germé dans son esprit depuis peu. Il n'avait parlé à personne de ses dernières péripéties sur Dromund Kaas. Mais présentement, il était occupé à autre chose, ce qui achevait de lui permettre de dissimuler ses pensées, profondément nichées dans les recoins de son esprit tortueux.

Son dernier apprenti en date, le Twi'Lek Darth Dychron, tremblait et suait sous le soleil suffocant. Ils étaient postés sur le sommet de l'Académie, et, agenouillé, les dalles brûlantes, frappées par le soleil de Ziost, lui mordaient cruellement les jambes. Il était ainsi depuis quelques heures, recevait l'enseignement de l'Anzat, qui, debout, planté à quelque distance de lui, devisait. Bien des salles du bâtiment étaient spécialement conçues pour simuler les conditions les plus éprouvantes, et pour générer des altérations temporaires de la perception, qui permettaient aux élèves de se familiariser avec la manipulation de la Force dans les conditions les plus périlleuses, ainsi qu'aux dangers propres à son étude. Mais aujourd'hui, il n'y en avait pas besoin. Le sommet du haut bâtiment était plongé sous une lumière torride, et il faisait encore plus chaud que d'habitude. Anachor avait résolu de s'en servir pour approfondir la formation de son récent élève, qui était revenu la veille d'une mission d'espionnage dans le système de Bonadan. Implacable et sec, il observait son apprenti se mordre les lèvres sous l'effet de la douleur, regard baissé.

-Tu me hais ?
-Non...non, Maître.


Ricanement sarcastique du Seigneur Sith.

-C'est que je fais mal mon travail, alors.


Un temps passa.

-Maître,
dit finalement le Twi'Lek, mâchoire tendue, dents serrées, je croyais que vous vouliez que je prenne de la distance vis-à-vis de l'enseignement-
-Certaines traditions, qui n'ont rien de légitime, sont bonnes à jeter, c'est en effet ce que je pense. Et un vrai Sith n'a que faire de ce que lui dictent ses émotions, ses pulsions et ses sentiments. Il s'en sert, et c'est tout. Mais avant cela...


Il se pencha vers Dychron, se voûta pour se rapprocher du visage déformé par l'effort.

-Avant cela, répéta-t-il, il faut déjà pouvoir exploiter le filon au maximum. Tu en es loin. Ta retenue et ton contrôle te font passer pour un Jedi à peine sorti de la bure de son professeur.

Il n'en pensait pas un mot, et était même fier du stoïcisme de son élève, mais l'usage modéré qu'il faisant en la circonstance des techniques Dun Möch avaient pour but d'amener ce dernier sur ses propres limites. Il lui fallait faire en sorte que le Twi'Lek comprenne tout seul que sitôt que ses barrières se seraient effondrées, il se laisserait emporter par une fureur démente, et ne perdrait de sa superbe. Il était possible alors qu'il se montre incontrôlable en apparence. Mais pas pour son Maître, qui tenait la situation bien en mains, et savait fort bien ce qu'il faisait. Dycrhon devait être placé en face de son garde-à-vous devant les exigences de l'Anzat et de la discipline qu'on lui avait inculquée.

En soi, cette disposition respectueuse, cette volonté de bien faire, ces efforts pour provoquer la fierté de son Maître, étaient louables, et renforçaient l'estime que Anachor avait pour son pupille. Mais, si il lui imposait ce cruel exercice, outre la sincère envie de le tester et d'être surpris par lui, autant que de l'endurcir à l'inconfort, la précarité et la douleur, c'était avant tout pour lui signifier qu'il déployait en la circonstance trop de zèle obéissant. Sa révérence était trop prononcée, signe d'une nature à la fois douée et loyale, mais aussi d'un manque relatif d'indépendance d'esprit.

Il fallait dire que la réputation de l'Anzat le précédait. C'était, en cinquante ans, son quatrième disciple : il était célèbre pour la qualité de l'enseignement qu'il inculquait, mais aussi pour son côté novateur, la liberté de ton qu'il pouvait déployer en face de ses élèves. Il avait toujours eu une manière bien à lui de faire les choses, et il considérait que c'était une chance, pour lui, d'avoir tôt disposé de cette orientation d'esprit. Il s'agissait pour Anachor d'un gage de liberté, et toutes celles qui étaient passé par sa formation en avaient hérité. Il entendait bien que son premier élève masculin développe, lui aussi, cette précieuse qualité, et acquiert les réflexes intellectuels et psychologiques qui lui étaient propres. A la mention du mot Jedi, il sut qu'il avait touché juste. Facile, trop facile, bien sûr, mais efficace, se dit-il. Le Twi'Lek, s'oubliant un moment, releva vers lui des yeux furieux et gorgés de sang. La haine commençait à monter.

-Je vaux mieux qu'un Jedi.
-Oh, vraiment ?
-Je n'ai rien à voir avec eux.
-Tu t'es trahi, cher élève,
dit l'Anzat avec une froideur calculée.
-Je ne comprends-
-Tu as tenté de te reprendre, mais c'est trop tard.


D'un geste subtil de la main, il exerça une très légère Étreinte de Force, qui produisit une contraction de tous les muscles du Twi'Lek, et un gémissement étouffé. Courageux, il encaissait en tâchant d'être le plus digne possible, sans pour autant parvenir à maquiller sa surprise. Son Maître n'était pas habitué à ce genre de démonstrations, pourtant typiquement Sith, sans doute parce qu'elles étaient justement trop classiques. Ce dernier était désireux, par le biais de cette méthode qu'il n'aimait pas, de tester son apprenti, et de voir apparaître chez lui la bonne réaction.

Pas de pitié. Surtout pas, se répétait-il intérieurement. Si je te vois me supplier en silence, appeler ma clémence, alors je pourrais fort bien mettre fin à tes jours. Et tout ce travail aurait été fait en vain. Mais même si j'étais en droit de t'exécuter, je ne le ferai pas. Tu rejoindrais simplement les rangs d'apprentis d'où je t'ai fait sortir. Mais tu m'aurais profondément déçu. Ne me déçois pas. Il ne le fut pas. En effet, il perçut enfin dans le regard du Twi'Lek la lueur de révolte, de rage et de défi qu'il attendait d'y voir depuis plusieurs heures de rudes épreuves.

-Je...je...

Surpris, Anachor put constater que malgré le complexe mélange d'émotions qui roulaient en son for intérieur comme une mer secouée par la tempête, Dychron tenait bon, et réfléchissait, semblant chercher la réponse qui conviendrait le mieux à son sévère professeur. Puis, grimaçant un rictus, il souffla, rageur :

-Je pense vous faire une réponse convenable, si j'avouais que je vous tuerais si j'en avais l'occasion.

Une lueur brilla dans les yeux clairs d'Anachor, qui relâcha sa pression. Se soutenant à terre, le Twi'Lek aspira goulûment de grandes bouffées d'air, puis se redressa lentement, tout en étirant ses muscles endoloris.

-Pas mal.


Alors que Dychron regardait à nouveau son Maître, celui-ci, durement, d'un ton menaçant qui excluait toute plaisanterie, et tout second degré, lui dit :

-Mais prends garde ; si jamais tu en viens à éprouver un soupçon de satisfaction, de fierté, et de contentement, prends bien garde à toi, car il pourrait t'arriver malheur.


D'un geste de la main, paume à l'horizontale et tendue vers le ciel, il l'invita à se relever. L'apprenti Sith s'exécuta, et alors que le Seigneur Anachor se dirigeait vers les escaliers donnant sur une des cellules de méditation où ils avaient jeûné et veillé plus tôt, il lui emboîta le pas.

-Je comprends, Maître. Ce n'est pas vous qui me menacez de me sanctionner si jamais je tombais dans l'auto-satisfaction ; c'est moi que je mettrais en danger ainsi.

Esquissant un sourire fin, Anachor jeta un regard en coin au Twi'Lek :

-Je commence à croire que je t'ai bien formé.
-Les vieux datapads concernant le stoïcisme des mystiques Voss m'ont particulièrement éclairé.
-J'en suis heureux. Tu progresses. Tu as su contenir ta haine et ton envie de me tuer, les refroidir pour les dépasser. Tu commences à comprendre des choses particulièrement importantes pour le reste de ta formation, cher élève. Cependant, retiens bien que plus tu avanceras, plus tu te heurteras à des épreuves difficiles, et plus elles seront nombreuses.
-Oui, mon Seigneur.

Revenir en haut Aller en bas
Darth Anachor
Seigneur Sith
Seigneur Sith
avatar

Masculin
Nombre de messages : 199
Age : 28
Titre : L'Ermite
Humeur : Equanime en apparence...
Date d'inscription : 07/03/2015

Feuille de personnage
Allégeance: Nouvel Ordre Sith de Krayt
Rang: Mystique Sith
Niveau de combattant: 4

MessageSujet: Re: Une saison en Enfer, partie I    Jeu 19 Mar - 6:32


Maître et Apprenti s'étaient rendus dans les niveaux souterrains de l'Académie de Ziost, et, tout en devisant, prenaient désormais la direction de la bibliothèque. Enfouie sous la terre pour plus de sécurité, et permettre la mise à l'abri des précieux documents de l'Ordre en cas d'invasion, celle-ci s'étalait sur un large espace, et répondait, dans son architecture, à un style plus ancien que le reste du bâtiment. Celui-ci avait en effet été rénové sur la base d'un ancien centre d'entraînement de dimensions plus modestes, et il avait été nécessaire d'harmoniser les différents styles, séparés par de nombreux siècles, pour que le tout ait une réelle stature.

Cela avait demandé des années de travail, mais le résultat était là. Le lieu était un hommage entier à l'héritage des Sith, et de nombreuses fresques, statues et bustes, parsemaient l'Académie, dans un but d'émulation des apprentis en premier lieu, mais aussi pour rappeler à tous ceux qui la fréquentaient qui ils étaient, et d'où, en esprit, ils venaient. Beaucoup avaient sacrifié une part d'eux-mêmes pour rejoindre l'Ordre, et cette décision avait pour corollaire l'adoption d'une nouvelle vie, et la rupture, bien souvent, avec l'ancienne. Nés à nouveau dans la Force, les Sith avaient d'illustres ancêtres spirituels, auxquels il fallait évidement se référer. La tradition, en dépit des apparences et des controverses, était ainsi préservée et respectée.

Pendant qu'ils marchaient, faisant le silence après avoir discuté tout le long de leur progression, Anachor jetait de furtifs regards en coin à son élève. Quelque chose lui semblait curieux, et soulevait en lui des interrogations soupçonneuses. Il lui semblait que, malgré ses progrès, l'apprenti témoignant encore d'une trop grande et facile obéissance vis-à-vis de son enseignement. Habitué à ce qu'on le provoque, au sein de l'Académie, concernant l'instruction qu'il donnait, et qu'on se lance avec lui dans d'âpres débats qui le stimulaient, il était, en quelque sorte, frustré de voir que le Twi'Lek ne songeait pas à faire de même, et à tenter de pousser son Maître dans ses retranchements.

C'eut été pourtant l'occasion pour chacun de voir de quel bois l'autre était fait. Mais rien de ce genre ne venait troubler, baliser une éducation spirituelle qui se faisait pour ainsi dire sans accrocs. Or, selon Anachor, il fallait qu'il y en ait : l'esprit ne pouvait se contenter d'apprendre et de recueillir sagement des leçons : il fallait qu'il soit sollicité et stimulé par la lutte. Seulement, il ne servait à rien, dans cette circonstance, que Dychron, pour le principe, se force à se heurter aux aspérités de son apprentissage ; c'eut été artificiel. Pour qu'il y ait un vrai combat intérieur, il lui fallait se confronter aux bornes de ses connaissances et de sa perception, se lancer dans l'inconnu, le dangereux et l'effrayant.

Son élève était-il si doué que chaque aspect de ses leçons lui paraissait aller de soi ? Etait-ce la raison de son absence de contestation, de rebuffade ? Alors, il lui fallait passer tout de suite au niveau supérieur. A moins qu'il ne se fut agit, de la part du Twi'Lek, de simplement reporter à plus tard la compréhension et l'examen approfondi des notions qu'il apprenait...voire, pire encore, de le caresser dans le sens du poil. Auquel cas, il lui faudrait alors le réprimander durement. Il attendit, pour lui laisser à son élève une chance de se faire valoir, que ce dernier prenne la parole, ce qu'il ne fit pas. Aussi, avec une pointe d'agacement, il lui dit, tout en regardant droit devant lui, continuant à marcher lentement :

-Tu es bien silencieux, mon apprenti.
-Je réfléchis à vos leçons, Maître.
-Vraiment. Et tu n'as donc aucune question ?


Le Twi'Lek resta coi, impassible. Passant sous un portrait de Marka Ragnos qui était suspendu au plafond du couloir qu'ils empruntaient, il sembla ne rien penser, et l'Anzat se rendit compte alors que son élève tentait de voiler ses pensées. Il commença par s'en scandaliser, et sentit une pointe d'énervement lui parcourir l'échine. Comment cet avorton ose-t-il penser qu'il peut me cacher quelque chose ! Il allait lui lancer une pique, lorsque, brusquement, son élève s'arrêta, et, affichant un rictus, planta son regard fauve dans les prunelles claires du Seigneur Sith.

-Vous pensez peut-être que je gobe tout ce que vous dites sans me poser de question, et prend tout ce qui vient de vous pour argent comptant ? Croyez-vous vraiment, Maître, que je n'ai rien à dire concernant ce que vous m'enseignez ? Ainsi, je n'ai certainement pas oublié ce que nous nous sommes dit là-haut, notamment concernant le fait que je me serais soi-disant trahi en évoquant les Jedi, et la différence que je percevais entre eux et moi.

Je n'ai pas compris pourquoi vous m'avez dit ça, c'est exact. Mais auriez-vous trouvé intéressant que je vous demande tout de go une explication ? J'ai préféré trouver la solution par mes propres moyens, avant de soutenir devant vous quoi que ce soit. Et je pense avoir trouvé la raison pour laquelle vous m'avez recadré tantôt. Voulez-vous que je vous fasse part de ce que j'en pense ?


Anachor sourit. C'était une belle surprise, et une réaction intéressante. Non sans fierté, il posa la main gauche sur l'épaule droite du Twi'Lek.

-Je t'écoute.

-Je connais vos positions sur l'antipathie entres les deux Ordres. L'idée que l'un serait forcément l'antithèse de l'autre vous insupporte. C'est pourquoi vous vous êtes énervé : vous avez tenté de me piéger sur le plan intellectuel, et vous avez réussi.


Riant de bon coeur, l'Anzat tapa sur l'épaule de son élève d'un air satisfait.

-Tu commences à voir où je veux en venir. Ce n'est pas mal. Je vois que mon enseignement porte ses fruits, et que tu ne te laisses pas faire. C'est bien.


Croisant les bras, il s'adossa à une des parois du couloir sombre, et fixa l'apprenti d'un air sincèrement intéressé. Il prit cependant une expression plus sérieuse, presque docte, typique des moments où il exprimait ses opinions concernant l'Ordre.

-Tu as mis le doigt là où il fallait ; la Galaxie entière s'est habituée depuis la Grande Guerre de l'Hyperespace, autrement dit, depuis un peu plus de cinq millénaires, à envisager les courants qui se revendiquent de l'étude de la Force d'une façon très sommaire. Au delà même du problème de la binarité de la vision commune, elle nous voit, nous et les Jedi, comme deux polarités qui s'opposent, un peu comme les pôles négatifs et positifs d'une pile électrique contribuent, par leur friction, à générer de l'énergie. Deux natures antagonistes, mais situées au même degré de puissance. D'où la fameuse idée de l'équilibre dans la Force, entre la lumière et l'obscurité.

Racontars, foutaises et fables pour enfants. C'est une façon absolument scandaleuse de se faciliter la vie, et les Jedi l'affectionnent tout particulièrement. C'est de bonne guerre ; ainsi, ils se donnent le beau rôle en permanence. Tout ça n'est rien de plus que de la politique, en fin de compte : on focalise l'attention sur un ennemi qu'on désigne après l'avoir fabriqué et imposé dans les représentations collectives, dans l'imaginaire galactique. Ainsi, on évite d'attirer le regard sur ses propres défaillances. C'est une ruse très primitive, mais, et c'est bien le malheur des peuples, elle fonctionne. Plus c'est gros, mieux ça passe, comme on dit.


Dépité, il exhala un soupir d'agacement.

-Voilà cinquante deux siècles que ça dure. Alors, évidemment, nous avons notre part de responsabilité là-dedans, et nos ancêtres également. Notamment cet imprudent, pour ne pas dire cet imbécile, de Naga Sadow. Il a initié bêtement une dynamique mortifère qui perdure encore aujourd'hui. L'important, apprenti, retiens-le, c'est que nous ne sommes l'antithèse de personne, contrairement à ce dont les Jedi sont persuadés ; et qu'eux non plus, ne sont pas nos frères ennemis, nos némésis. Tant que nous ne le comprendrons pas, nous resterons dans une impasse.

Il y a un réseau complexe de mystères : la Force. Et puis, différents courants philosophiques et spirituels qui se concurrencent dans son étude, sa compréhension, puis, accessoirement, son usage. Comme ils ne supportent pas de n'être pas les seuls, il en déduisent, pourvu qu'ils ne se reconnaissent pas suffisamment dans les autres visions, qu'elles sont leurs adversaires jurées, et les fossoyeuses de la Galaxie. Quelle sottise !

Il nous faut comprendre que nous devons cesser d'être obnubilés par les Jedi ; c'est une façon de les admirer, de les surestimer, et de céder à une sotte fascination de l'adversaire. Ils ne sont pas notre problème principal, mais représentent une gêne politique. Spirituellement, ils ne sont pas nos inverses ou nos opposés...ils sont des concurrents, voilà tout. Nous devons cesser de dépendre d'eux pour nous définir. Ce n'est qu'alors que nous serons libre, que nous pourrons dire ja'ak !


D'une moue entendue et compréhensive, Darth Dychron approuva. Ils étaient en train d'approfondir une complicité intellectuelle qui avait déjà commencé à s'installer entre eux dans les derniers mois. De concert, ils reprirent leur progression, jusqu'à s'engouffrer dans la bibliothèque de l'Académie.




Revenir en haut Aller en bas
Darth Anachor
Seigneur Sith
Seigneur Sith
avatar

Masculin
Nombre de messages : 199
Age : 28
Titre : L'Ermite
Humeur : Equanime en apparence...
Date d'inscription : 07/03/2015

Feuille de personnage
Allégeance: Nouvel Ordre Sith de Krayt
Rang: Mystique Sith
Niveau de combattant: 4

MessageSujet: Re: Une saison en Enfer, partie I    Mar 24 Mar - 5:25


Le premier niveau de la bibliothèque de l'Académie communiquait avec l'extérieur, quoiqu'elle fut enfouie profondément sous la terre. Une ouverture, au sommet du bâtiment, créait un boyau qui s'élargissait, pour communiquer la lumière du soleil aux étages inférieurs. Lorsque les deux Sith en franchirent le seuil, ils arrivèrent dans un vaste hall taillée de pierre et de marbre, où quelques statues, dans le plus traditionnel art de Korriban, soutenaient le pilier central. Parcouru d'inscriptions en basic, à défaut d'un langage plus élégant, il exaltait les coeurs et esprits des disciples par des formules incantatoires rappelant leur gloire passée. Ils semblaient seuls dans la vaste pièces, à l'exception de quelques gardiens brandissant d'impressionnantes lances laser, et d'un Seigneur qui, dos à eux, se recueillait devant les sculptures pleines de componction et d'humilité.

Ne lui accordant aucune attention, le Maître et l'Apprenti empruntèrent l'escalier de droite, s'aventurèrent durant quelques minutes dans le labyrinthique centre d'études, puis finirent par aviser une pièce qui donnait sur les étages inférieurs. Il s'agissait d'une vaste salle vouée à la lecture, à la réflexion et au recueillement. Quelques Darth et apprentis plus jeunes s'y trouvaient, plongés dans l'étude, parsemés, et ils ne prirent pas note de l'arrivée des deux nouveaux venus, ce dont l'Anzat se félicita. Alors qu'ils s'installaient à une table isolée dans un coin, ils furent néanmoins surpris par une voix feutrée dans leur dos. En se retournant, ils tombèrent nez à nez avec le chargé d'archives de l'Académie, et un des plus précieux et fidèles agents et soutiens de Darth Anachor : Eloys Zehk.

-Je ne vous attendais pas, cette fois-ci.
-Suis-je tenu de-
commença l'Anzat.
-Oh non, mon Seigneur, certainement pas. Darth Dychron, ajouta-t-il en inclinant la tête en direction du Twi'Lek. Mais comme, de coutume, vous m'annoncez votre venue....
-Certainement, mais cette fois-ci, il ne s'agit pas de vous entretenir de quelque affaire.
-Je comprends, votre Excellence.
-Ceci dit, puisqu'il s'agit de permettre l'édification de mon apprenti, je souhaiterai...hum, disons, consulter l'holocron de Darth Cenobis , qui me semble constituer une bonne leçon pour aujourd'hui.
-Certainement. Installez-vous, je vous l'apporte.


S'exécutant, les deux Sith tinrent le silence pendant quelques minutes, le temps pour le maître archiviste Corellien de leur apporter le précieux document. Une fois qu'il l'eut rapporté, il s'éclipsa après les formules de déférence consacrées. Le petit objet pyramidal crépitait curieusement. Alors que la plupart d'entre eux restaient froids au toucher, et semblaient nantis d'une énergie particulièrement ramassée, concentrée, contrairement à leurs équivalents Jedi, qui irradiaient d'avantage, celui-ci semblait menacer de voler en éclats à tout moment.


Parcouru d'une électricité étrange, crépitant d'énergie noire, le petit objet ne manquait pas de titiller la curiosité de Dychron, qui fouillait dans sa mémoire à la recherche d'une mention de ce dernier, faite par son Maître ou par qui que ce fut d'autre. Tendu, concentré, les yeux plissés et le front ridé par l'effort, il tenta de trouver une information qui lui eut permis de faire bonne impression auprès d'Anachor, mais peine perdue. Tout ce qu'il obtint fut un bref rire de poitrine de son vis-à-vis, auquel rien de ses efforts mentaux n'échappait. Dépité, il leva les yeux vers l'Anzat.

-Inutile, je ne t'ai jamais parlé de lui, et peu de Sith connaissent son existence. Cénobis, vois-tu, fut un des premiers Sith, tels que nous les connaissons actuellement. On ne sait exactement quand il vécut, mais il est avéré, au vu des sources qu'il cite, de ses recensions, et des expertises effectuées sur cet holocron, qu'il a connu les premiers temps de la rencontre entre les Jedi Noirs et le peuple Sith de Korriban, il y a de cela environ sept millénaires. C'était un individu très original, une personnalité très forte, qui a failli périr à plusieurs reprises, du fait de ses tentatives de s'allier aux Sith originels pour profiter de leur savoir, et le partager avec l'ensemble des suivants des Exilés. Il est mort de vieillesse dans son lit, mais a écrit plusieurs traités de Sorcellerie qui composèrent le canon en la matière durant des siècles. A bien des égards, nous lui devons tous beaucoup, et les plus mystiques d'entre nous encore plus que les autres.

Tranquillement, il leva les mains au dessus de l'holocron, dont les courants d'énergie obscure se tassèrent, puis diminuèrent peu à peu, pour finalement s'éteindre.

-Vous avez dit que c'était quelqu'un de très spécial. Est-ce que son enseignement permet de développer de nouvelles techniques, ou d'approfondir celles que je connais déjà ?
-Le savoir de Cénobis ne doit pas être appréhendé d'une façon utilitaire. Il t'apprendra beaucoup de choses, mais si tu souhaites t'en servir pour renforcer tes pouvoirs, tu resteras dans la plus parfaite nullité.


Dychron baissa les yeux. Lorsque son Maître adoptait ce genre de ton sec et cassant, il n'était pas avisé de se rebiffer à cause de la rugosité de ses dires.

-Cénobis était, à bien des égards, un révolutionnaire, en dépit d'une certaine perversité intellectuelle. Il fut initié aux rites les plus ancestraux de l'originelle Sorcellerie Sith, et à ses pratiques chamaniques. Il était à contre-courant de la doxa majoritaire de son époque, et est depuis, à cause de cela, considéré comme un érudit quelconque, et un philosophe mineur. Il n'en est rien. A une époque où les siens s'échinaient à comprendre l'alchimie du peuple de Korriban afin d'enchanter armes et vaisseaux, ou bien de créer des abominations qui les assisteraient dans le chaos de la bataille, Cénobis prônait des efforts encore plus conséquents sur nous-même.

Il pensait que nous disposions, chacun, d'un potentiel virtuellement illimité, indépendamment de notre puissance dans la Force, et que nous devions opérer en nous-mêmes une révolution majeure, afin de parfaire notre discernement. L'esprit devait être taillé, martelé, torturé, subir des épreuves dures, déstabilisantes, et traverser, enfin, l'obscurité totale et des moments bien cruels, pour parvenir à un état où l'esprit, la conscience, seraient semblables à un diamant soigneusement poli, brillant de mille feux.


Perplexe, Dycrhon n'avait pas perdu une miette du discours de son Maître ; mais ce qu'il était en train d'apprendre du Seigneur Sith contemporain des Exilés lui semblait en contradiction avec les enseignements qu'il avait reçus jusqu'à présent.

-Tout cela me semble de l'idéalisme. Une succession de vues de l'esprit.

-Que tu crois, mon cher élève, et quelle audace d'aborder ainsi la question ? Mais soit, je comprends pourquoi tu dis cela...et j'ai moi aussi eu des réticences, lorsque Darth Akestès m'a fait part de sa découverte - car c'est lui qui a exhumé cet holocron - et de son importance considérable. Néanmoins, j'en suis revenu.
-De plus, je croyais que le titre de Darth ne convenait qu'à partir de l'époque de Revan ?

-C'est exact. Nous l'appelons ainsi par convention, mais son nom originel était Illyrio Cénobis. D'ailleurs, l'holocron que tu vois ici n'est qu'une copie ; il semblerait que le premier qui ait été confectionné par notre homme ait disparu, peut-être lors du bombardement de Korriban à la fin de la Guerre de l'Hyperespace.
-En somme, c'était un marginal ?
-Tout à fait, mais à mon sens, c'est lui qui avait raison. Il souhaitait permettre une égalité dans l'accès au savoir, et s'opposait à la sujétion des natifs de Korriban, ainsi qu'à la structure pyramidale qui s'ensuivit. Il voulait une révolution à la fois spirituelle, personnelle, et collective, dans le domaine temporel.


Lissant les pans de sa bure noire, Anachor s'accouda, et, avec un air réjoui, se pencha au-dessus du petit objet triangulaire.

-Mais laissons donc à l'intéressé l'occasion de s'expliquer lui-même sur ce qu'il a fait et voulu.

Revenir en haut Aller en bas
Darth Anachor
Seigneur Sith
Seigneur Sith
avatar

Masculin
Nombre de messages : 199
Age : 28
Titre : L'Ermite
Humeur : Equanime en apparence...
Date d'inscription : 07/03/2015

Feuille de personnage
Allégeance: Nouvel Ordre Sith de Krayt
Rang: Mystique Sith
Niveau de combattant: 4

MessageSujet: Re: Une saison en Enfer, partie I    Ven 10 Juil - 17:17

Quelques amples passes magnétiques exécutées de ses mains fines, et le chuchotement d'une phrase que Dychron ne put déchiffrer, mais dans laquelle il reconnut vaguement l'ancien idiome des Empires Sith, suffirent à enclencher l'ouverture du petit objet. L'holocron se déverrouilla selon une procédure sensiblement différente de ce à quoi l'apprenti twi'lek s'était habitué depuis qu'il recevait l'enseignement de l'Académie de Ziost. Là où, de coutume, la pyramide se dépliait peu à peu en rabattant ses bords, tandis que le cristal contenant les données de l'objet lévitait au dessus du plat, ici le document s'éleva dans les airs, et pivota sur lui-même de plus en plus rapidement dans les airs.

Les quelques inscriptions qui recouvraient sa surface s'illuminèrent alors, tandis que les crépitements cessaient de courir sur les parois de verre. A cette rotation devenue fébrile, succéda l'apparition en trois dimensions d'un écran virtuel, sur lequel se découpa bientôt une face humanoïde. L'élève Sith finit par reconnaître le profil caractéristique d'un Kel-Dor, dont l'apparition fut suivie par celle de quelques petites bandes contenant des inscriptions en vieux basic. Bien qu'il eut, à quelques occasions, put constater que les premiers holocrons étaient conçus fort différemment de ceux auxquels il était habitué, l'apprenti d'Anachor dut bien avouer qu'il n'avait encore jamais vu rien de tel, et qu'il était surpris par la facture de l'engin, comme par son mécanisme d'ouverture fort rudimentaire. L'Anzat surprit télépathiquement ses réflexions.

-Tu es encore bien jeune, je ne t'en veux donc pas exagérément d'être sujet à un certain snobisme technologique. Mais tu me fera le plaisir d'étouffer ces appréciations au plus vite.
-Oui, Maître.
-C'est un caprice de l'esprit, que d'exiger une parfaite modernité des moyens, et une amélioration incessante des outils en notre possession. Ceci témoigne d'une paresse d'esprit, et d'une surestimation de soi. De quel droit exiger le meilleur, et s'en servir d'un filtre pour considérer le reste de l'univers ? N'oublie pas que le sens de la rusticité et de la précarité fait partie des piliers de notre supériorité en tant que Sith. Mais écoutons plutôt ce que Cénobis a à nous dire.



D'une voix grave, gutturale et parasitée par un grésillement intempestif dû au mauvais état de l'holocron, le vénérable Seigneur Sith prit la parole. Il commença son discours en Ancien Sith, avant que le Seigneur Anachor ne réponde quelque chose dans cette même langue, et que le Kel-Dor virtuel ne change de langage pour passer au basic moderne. Ceci témoignait d'avantage encore de l'ancienneté de l'engin, et Dychron ne put s'empêcher d'étirer ses lèvres en un fin sourire, que le regard perçant de son Maître fit tôt d'effacer. Après une pause, la voix profonde se fit entendre à nouveau.

-Honorables Frères et Soeurs, apprêtez vous à entendre des paroles sacrées, et fasse la Force que votre coeur n'en soit pas moins édifié que votre raison. Apprenez donc qu'il n'y a pas d'inférieur ou de supérieur par la naissance, la faveur de la Force, ou même du fait de l'expérience, du vécu. On est l'un ou l'autre du fait d'une décision consciente, ou d'un assentiment de la volonté d'un être parfaitement en possession de ses moyens.

Apprenez donc que les êtres pensants ne sont pas égaux de fait, mais de droit. Tout est une question de travail, d'effort, et chez nous autres Sith plus que partout ailleurs. Mon nom est Darth Cénobis, et je suis l'un des colons de Korriban, et, par là même, un des fondateurs officieux de ce qui se nomme désormais l'Ordre Sith. Lorsque nous fûmes chassés de l'espace républicain, nous étions encore des êtres faibles, et indignes d'une autre qualification que celle de Jedi Noirs. Dévorés par un pouvoir qui nous dépassait, que nous étions incapables de comprendre, mais que pensions maîtriser, nous sombrâmes dans une démence dont la plupart, à l'heure actuelle, ne sont toujours pas revenus.

Cela n'arrivera probablement jamais. Point de salut pour les faibles qui ne savent le désirer suffisamment, et mettre tout en oeuvre pour l'obtenir. C'est le cas de la branche officielle de l'Ordre, hélas. Des décennies de lutte, alors que mes camarades m'abandonnaient ou trépassaient, n'y ont rien changé. Et aujourd'hui, je suis seul, exilé, traqué. Je ne sais si je vivrai encore bien longtemps, à presque quatre vingt dix ans, c'est pourquoi je consigne ici, dans cet objet nouveau, inspiré dans sa confection des holocrons Jedi, tout mon savoir concernant la Force.

Il sera destiné aux quelques élus qui sauront faire la part des choses, voir ce qui doit être vu, et entendre. Pour cela, il faudra quelque chose qui manque aux nouveaux maîtres de Korriban : l'humilité. La modestie, la patience. Et, jusqu'à un certain point, un puissant mépris de soi. Il vous faudra, à vous, apprentis dans les voies de la Force qui marchez sur mes pas, faire preuve d'un sens très aigu de l'équilibre, du juste milieu, dans les domaines intellectuel, psychologique et spirituel, si vous voulez survivre aux bêtes tapies dans l'ombre de votre conscience, et progresser pour devenir mieux que les Jedi ou que les Sith : de vrais saints, et des élus de la Force.


A ce point du discours du vieux Maître, Dychron décrocha. Son attention se reporta sur Anachor, lequel était absorbé dans l'audition de l'holocron. Fasciné, il ne quittait pas le visage du Kel-Dor des yeux. En se concentrant quelques secondes sur son visage, le twi'lek remarqua que les lèvres de l'Anzat remuaient au fil de l'exposé de Cénobis. Il ne répétait pas à voix basse ce qu'il entendait, mais marmonnait quelque chose, tantôt en basic, tantôt en Ancien Sith. Interloqué, le jeune apprenti ne savait quoi penser de ce que disait le Sage millénaire. Ce qu'il entendait était très hétérodoxe, et le confrontait à ses propres doutes et interrogations vis à vis de l'enseignement qu'il avait jusqu'à présent reçu. Ravalant ses questions, et voyant que le Seigneur Sith, assis en face de lui, n'avait apparemment pas prêté attention à sa prise de distance momentanée avec le récit de l'holocron, il se concentra à nouveau sur ce dernier.

-Point de salut, dis-je, ni de pitié. Laissez les morts enterrer les morts. Laissez toute lourdeur périr sous la pression de son propre poids. Laissez toute sottise se heurter aux contradictions de sa dialectique propre, jusqu'à se volatiliser totalement. Condescendre quelque conseil à un prochain qui le sollicite sans l'avoir mérité, sans s'être battu contre lui-même pour arriver par lui-même, par son mérite, aux réponses qu'il cherche, faire ceci n'est pas un service à rendre, mais consentir à la faiblesse d'autrui, à que l'univers s'emplisse de paresse et de laisser-aller.

Ce n'est pas pour ce faire que nous sommes des êtres doués de conscience, d'intelligence, et en prime d'une sensibilité acérée à la Force. Nos talents nécessitent que nous taillions nous même à la mesure du cadeau qui nous est fait ; or presque tous les sensitifs que j'ai rencontré, de quelque bord qu'ils fussent, à quelque allégeance qu'ils se soient rattachés, avaient ceci en commun qu'ils valaient bien moins que ce que la Force leur permettait de faire. Le fin mot de l'histoire, c'est que nous devons nous nous hissions à la dimension de nos dons. Voici le travail que nous avons à faire.

En conséquence, soumettez tout enseignement, toute critique, tout savoir, à l'examen approfondi d'une intelligence vigoureuse, inquiète et sur le qui vive. Ne prenez jamais rien pour argent comptant. Qu'elles proviennent de moi, d'un Seigneur Sith renommé, ou de l'un de ces Sages autochtones, puissants et vénérables sorciers de Korriban, qui nous ont appris tant de choses, méfiez vous des autres, et défiez vous de vous-mêmes.

Nous devons ce précieux savoir à ce peuple rouge, qui nous a fourni à la fois le corpus intellectuel de sa vieille sorcellerie, le sens des nuances et des dosages les plus subtils dans l'utilisation des énergies de Force les plus complexes, subtiles et dangereuses, et enfin un puissant sens de la retenue, de la dignité et de l'austérité qui nous faisait totalement défaut.
N'oubliez pas ce que nous leur devons. Sous sa violence apparemment brutale et sommaire, ce peuple raffiné a beaucoup à nous enseigner.

Sur un geste d'Anachor, la projection holographique se mit en pause. Puis, au bout de quelques secondes, l'écran virtuel disparut, et les pans de l'holocron se rabattirent. Alors que l'Anzat faisait signe à un disciple travaillant dans la Bibliothèque de rapporter le précieux objet à sa place, Dychron se rabattait contre le dos de son siège, les bras croisés. Pensif, il méditait à ce qu'il venait d'entendre, lorsqu'il se rendit compte que, les mains jointes devant sa bouche qu'elles cachaient, les coudes posés sur la table, son Maître l'observait attentivement en esquissant un sourire.

-Édifiant, non ?
-C'est...tellement différent de ce à quoi je suis habitué. Ça détonne y compris avec ce que vous m'avez enseigné.

-Oh, pas tant que ça. Du moins, en profondeur, lorsque l'on sait lire entre les lignes. Mais je te concède volontiers que la première fois qu'on l'entend, ça peut être déstabilisant. Ce qui rend d'autant plus important de s'ouvrir aux discours de ce genre.

-Si je comprends bien...une bonne partie de l'enseignement Sith est...comment dire...
"Bidon ? Mais cela se peut...pourquoi avoir peur des mots ?" Lança alors télépathiquement l'Anzat, dont le sourire malicieux s'accentuait. Puis, à haute voix : A prendre d'une façon bien plus subtile de ce à quoi nous sommes habitués. Mais viens, nous avons encore des exercices à faire en haut. Alors qu'ils se levaient, et prenaient la direction des ascenseurs menant aux étages supérieurs, il lui posa la main droite sur l'épaule, et continua par la pensée : "Il y a bien des choses concernant les secrets des Sith que tu découvrira peu à peu, et il faudra que tu le fasses toi-même, sans aide extérieure. Mais laisse-moi te dire ceci : nous poursuivons une lutte entamée par Darth Cénobis, et qui commence à peine, qui doit sans cesse être entreprise à nouveau. Nous avons des ennemis parmi les nôtres, et qui seront encore plus acharnés que les Jedi. L'édifice que nous devons construire doit toujours être rétabli sur ses bases, chaque matin...c'est notre sacerdoce, et notre honneur, que de nous y atteler." Et, tandis qu'ils entraient dans l'élévateur, Darth Anachor prit à nouveau la parole : Tu as tant à apprendre, mon cher apprenti. Mais encore plus à faire. N'oublie pas que tu tiens le flambeau d'un message millénaire, et qu'un jour, tu le transmettra à ton tour. Que ce soit pour toi une source de fierté, car il ne saurait se concevoir plus grand privilège.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une saison en Enfer, partie I    

Revenir en haut Aller en bas
 
Une saison en Enfer, partie I
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» The Orange County Register (saison 9)
» Prédiction Saison 2014-2015 partie EST
» Prédiction saison 2015-2016 partie OUEST
» Dragon ball ES saison 1 [première partie du chapitre 1 disponible]
» Prédiction saison 2014-2015 partie OUEST

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Star Wars - L'Aube du Crépuscule :: SECTEUR II - CARTE GALACTIQUE :: Mondes Neutres & Autres Planètes :: Ziost :: Académie Sith-
Sauter vers: