Star Wars - L'Aube du Crépuscule

Saison 6 - Dissimulation / Jeu de rôle et espace détente sur forum sur le thème Star Wars
 
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 L'Oeil de Feu

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Darth Anachor
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MessageSujet: L'Oeil de Feu    Sam 14 Mar - 9:20


Les profondeurs moites de la jungle de Dromund Kaas donnaient bien du fil à retordre au Seigneur Anachor, dont le transporteur était bien loin à présent. Cela faisait plusieurs jours qu'il avait entrepris de s'enfoncer dans la nature sauvage de ce monde hostile à l'être intelligent. Le spatioport était désormais à plusieurs jours de marche, et il n'avait pas de speeder. Mais il continuerait. Au besoin, ses holo-comms marchaient parfaitement, spécialement conçus, au sein de l'Espace Sith, pour s'adapter aux climats les plus difficiles. Il en faudrait bien plus pour l'empêcher d'accomplir son objectif. D'autant plus qu'il approchait.

Cette fois-ci, le Purple Dart n'était pas de la partie. HK-95 l'attendait, qui surveillait tout appel d'urgence de son Maître, depuis la capitale. Son entreprise aurait à coup sûr paru énigmatique aux non-initiés. Pourquoi quitter les centres urbains pour s'aventurer dans la nature sauvage d'une planète aussi exigeante et violente, qui n'avait aucun pitié pour les malheureux qui s'y perdaient, et les audacieux qui osaient la défier ?

A la vérité, L'Anzat n'était pas à son coup d'essai. Il avait plusieurs fois foulé le sol des régions hostiles de Dromund Kaas, mais ne s'était cependant jamais aventuré aussi loin. Il le fallait bien, pourtant. Ses précédentes retraites avaient porté leurs fruits dans l'esprit de ce mystique, mais désormais, il voulait découvrir un lieu nouveau, se plonger dans un environnement inédit, pour vivifier sa conscience en prise avec un contexte inconnu et dangereux.

Non pas qu'il eut spécialement le goût du risque ; il était bien trop méthodique, calculateur et prudent pour cela. Mais il ne le craignait pas non plus. Sa vie d'errance lui en avait fait voir bien d'autres, et Dromund Kaas ne lui faisait pas peur, même si elle l'impressionnait à bien des égards. Son périple dans les profondeurs du monde le menait vers les régions de la jungle les plus anciennes. La lumière du soleil ne lui parvenait plus, quoiqu'il fut en plein milieu d'après-midi, et que pour une fois, le ciel fut dégagé. Rien ne lui en parvenait : il errait dans les ténèbres.

C'était bien son objectif. Il sentait qu'il touchait au but, et n'eut pas tort...mais il lui fallait néanmoins se reposer. Il avait parcouru un long chemin. Trois jours de marche ponctuées par un sommeil que seule l'aide de la Force rendait possible. Sa vigilance, la profusion de créatures malveillantes attirées par ses énergies et sa présence dans la Force, les grondements animaux de toutes sortes, et la menace d'un orage qui, sur ce monde, pouvait très bien surgir brusquement sans préavis, ne lui facilitaient pas la détente nécessaire au repos.

Les nombreuses retraites mystiques qu'il avait pratiquées dans son existence lui avaient permis, outre une expérience infiniment précieuse qu'il lui faudrait bien consigner tôt ou tard, d'adopter une réelle aisance pour se repérer ; lui qui n'avait pas de nature un bon sens de l'orientation, était, grâce à sa pratique et à la Force, capable de comprendre intuitivement quelle sentier il lui fallait parcourir, et quels étaient les pièges qu'il lui faudrait éviter lors de sa progression. Il n'était donc pas tendu à cause d'une quelconque crainte de se perdre, ou parce qu'il redoutait l'attaque surprise d'un fauve. C'était autre chose.

Le mal qui le rongeait depuis des années s'aggravait, en effet, ces dernières semaines. Ses maux de tête se renforçaient et se faisaient plus fréquents. Il notait toutes sortes de symptômes étranges : palpitations, contractions des muscles, suées, tremblements des membres...et, il fallait bien l'admettre, il lui arrivait de souffir d'hallucinations, très mineures et bénignes, mais persistantes. Sifflements à l'intérieur du crâne, défile de points noirs dans son champ de vision...il était malade, le savait, mais il était impossible de déterminer la nature de ce qui le minait.

Ni les droïdes médecins de l'Académie, ni les archives ne pouvaient ainsi apporter de réponses correctes, ou un rien satisfaisantes. Résolu à garder le secret à ce propos, et convaincu que la moindre négligence ferait de lui une proie facile pour ses pairs Sith, il modifiait systématiquement la mémoire des droïdes qu'il consultait, et trafiquait, avec la bénédiction de l'archiviste Zehk, touts les historiques des archives, afin que sa visite ne soit pas connu et que, quand bien même elle le serait, l'on ne pût remonter à la source et deviner ce qu'il recherchait.

Les effets du manque se faisaient cruellement sentir. L'angoisse commençait à monter, tandis que des mouches scintillaient devant ses yeux. Jurant, il stoppa net, et saisit une petite boîte accrochée à sa ceinture. Saupoudrant son index droit d'une infime dose de tabac de carabbaba, il la renifla, fit une grimace, inspira violemment pour faciliter sa prise, et clôt les yeux. Une décharge de satisfaction fut suivie d'un sentiment de soulagement passager. Il jeta alors un coup d'oeil circulaire à son environnement. Les petits points noirs qui dansaient devant lui persistaient, mais ne scintillaient plus, signe qu'il allait un peu mieux. Pour un temps.

Rageur, manquant de trébucher dans les lianes, racines et ronces qui parsemaient le chemin, il s'en voulait d'être réduit, piteux toxicomane, à être l'esclave d'une addiction qui, heureusement, restait sans danger pour sa santé. Ce n'était pas le principe de consommer des stimulants qui le gênait, mais le fait d'y être forcé, et sujet à la nécessité d'en prendre régulièrement. Il détestait cette situation : comment la Force pouvait-elle se montrer insufissante à débrouiller ce mystère ? Peut-être manquait-il de sagesse, de puissance. Peut-être était-ce une manifestation d'une quelconque instabilité, d'un trouble profond lié à son contact avec certaines énergies obscures.

Tout à ses méditations, il finit par arriver, alors qu'il entendait le grondement d'un subit orage lointain, aux abords d'une falaise dans laquelle étaient nichées des anfractuosités. Il se dit qu'il ne manquerait pas, en continuant sa route, d'être surpris par la pluie, et préférait éviter de se trouver en pleine tempête sans abris dans cette jungle étouffante. Aussi résolut-il de s'installer dans la première caverne qu'il trouva. Soupirant, endolori par les courbatures, il s'installa, déposa son sac à terre, et enleva sa bure noire. Il commençait à faire une chaleur oppressante, aussi ne jugea-t-il pas nécessaire d'allumer un feu. S'asseyant en tailleurs, il entreprit de méditer, et finit, sans s'en rendre compte, par glisser dans un profond sommeil.
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Darth Anachor
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MessageSujet: Re: L'Oeil de Feu    Sam 14 Mar - 10:07

Des songes incohérents, comme à l'accoutumée, défilèrent dans sa conscience assoupie. Il était dans un état se situant à mi-chemin entre le sommeil classique et l'extase de Force, ce qui lui arrivait systématiquement lorsqu'il avait médité juste avant de dormir. Installé au sein de l'anfractuosité rocheuse, il entendait cependant, à travers ses rêves, le grondement de plus en plus proche de la tempête qui ravageait cette région de Dromund Kaas. Son comlink bippa à plusieurs reprises, émettant un bip dont l'intensité crut, mais sans effet. Empêtré dans le repos, il était totalement coupé des appels répétés de HK-95.

Peu à peu, cependant, ses rêves habituels firent la place à quelque chose d'autre. Un état différent de ceux qu'il avait l'habitude de connaître, étrange patchwork d'impressions, de sensations, et de voix murmurant des propos incompréhensibles à ses oreilles, dans son esprit. Il se réveilla même un temps, et, yeux mi-clos, il crut distinguer plusieurs silhouettes vaporeuses flotter devant lui. Des gens en gris, revêtus d'amures, semblait-il...il ouvrit la bouche sans rien dire, puis, au point de les interpeller, craignait d'avoir de la visite, il se rendormit.

Les sollicitations kinesthésiques et mentales reprirent, chaotiques et sans signification précise. Il comprit peu à peu qu'il était en train de s'évader de la réalité temporelle, pour accéder à il ne savait quoi. C'était une expérience inédite. Oh, certes, en deux siècles, il avait eu le temps d'accumuler les expériences similaires ; mais point identiques. Ses aventures dans les grottes d'Ilum, les tombeaux Sith de Korriban et de Ziost, les jardins du Temple de Coruscant, et la belle campagne apaisante d'Ossus, constituaient un véritable patrimoine spirituel qu'il conservait précieusement dans sa mémoire. Mais présentement, il s'agissait d'autre chose.

Les impressions corporelles et psychologiques qu'il ressentaient commencèrent alors à se faire de plus en plus pressantes, alors que le sifflement crânien refaisait surface et le harcelait pas un crissement qui crut en intensité. Gémissant, grognant, le visage tiré par des rides de concentration et de malaise, il se sentit pris par une sorte de nausée...puis ce fut comme si il s'envolait, quittait son corps, et était aspiré dans un étrange tourbillon, similaire aux sensations que l'on éprouvait lors du passage en hyperespace, mais en infiniment plus accentuées, violentes même.

Peu à peu, il sentit cependant une stabilisation relative de son état. Il put percevoir alors des voix plus audibles, plus nettes, entonner en choeur une sorte de litanie, un chant étrange, comme pour un rituel. Sentant des odeurs nouvelles lui parvenir également, il commença à paniquer. Plus qu'un simple malaise, était-ce une transe, un phénomène spirituel dangereux, une sorte de sortilège qui s'abattait sur lui ? Avait-il profané un ancien lieu voué aux cérémonies de sectes liées à la Force ? Alors que, devenant de plus en plus conscient, il s'adonnait à ces anxieuses cogitations, il sentit une sorte de vide autour de lui, et quelque chose d'énorme se profila dans son champ de vision. D'abord, un éclat lumineux, puis une sorte de brouillard qui s'estompa à son tour, pour dessiner des contours vagues et sphériques. Alors qu'ils se précisaient rapidement, il put constater qu'il avait la vision d'une planète. Et il la reconnut.



Le monde au-dessus duquel il était né se profilait en effet devant lui. La silhouette verdâtre de Mandalore flottait au milieu des nuages troubles qui suscitaient sa perplexité. La région dans laquelle la capitale de l'Espace Mandalorien était située ne comportait pas de nuages de gaz, ni de nébuleuses : alors, ces nuages diffus commencèrent à s'emballer, à rouler comme secoués par un vent, tels les vagues roulant à la surface de l'eau. Il comprit alors, enfin, qu'il avait une vision ; mais les interprétations, pour le coup, de cette dernière, étaient pléthore.

Il était profondément lié à cette planète. Que voulait-ce dire ? Était-ce une sorte de retour aux sources proposé par son esprit, un appel à y retourner ? Mais pourquoi faire ? Certes, sa dernière visite remontait à très longtemps, plusieurs décennies. Pourtant les expériences qu'il y avait faites n'étaient pas probantes, et de plus, il savait y être répertorié comme un Anzat, et un ancien padawan. Reprendre la direction de son monde natal était risqué et dangereux. Et pour quel gain ?

En effet, si Mandalore, il ne savait pourquoi et s'échinait à en comprendre la raison, se rappelait à son bon souvenir, ce n'était pas innocent ; sans doute avait-il quelque chose à y régler, qu'il ne discernait pas bien encore. Mais il n'en restait pas moins, que selon ses maigres connaissances, ce monde avait des liens avec la Fédération Galactique. L'Ordre Jedi avait des antennes partout, et un endroit au passé aussi troublé que Mandalore devait bien faire l'objet d'une surveillance très poussée.

Si il s'avérait qu'un ancien membre de l'Ordre Jedi, padawan dans les décennies précédant la Guerre des Clones, et un Anzat, de surcroit, chose encore plus rare, donc plus à même de frapper les esprits, avait foulé le sol du monde, alors le Conseil était au courant. Cela n'arrangeait pas ses affaires. Pourtant, il sentait, savait tacitement, que quelque chose d'une importance capitale était à faire sur ce monde. Et il entendait, pour la première fois depuis de nombreuses décades, les chants traditionnels mandaloriens. Mais ce furent aux contours de la planète, bien nets, à s'estomper de nouveau. Se brouillant progressivement, ils finirent par disparaître, se fondant dans l'énigmatique brouillard qui flottait devant lui. Les chants avaient cessé. Craignant qu'il ne lui soit arrivé quelque chose, il se prépara à se tendre en esprit pour revenir à un état de veille, lorsqu'une nouvelle vision le frappa, accompagnée de sons différents.


Tout d'abord, ce furent, à sa grande joie, les hymnes guerriers mandaloriens qu'il connaissait bien, et suffisaient, lorsqu'il était bien plus jeune, à le mettre en quasi-transe. Ravi que lui parviennent à nouveau les sublimes échos de la guerre telle que ce peuple la concevait, la magnifiait, et l'esthétisait, il se détendit d'avantage, attendant de voir et d'examiner ce que la Force lui soumettait. Il lui était désormais clair qu'il avait accès, non pas à des visions gratuites, mais à l'opportunité de débrouiller le complexe réseau d'enchevêtrements qui caractérisait l'ensemble des futurs possibles, tels que les êtres aidés par la Force pouvaient y accéder.

Il avait, autrement dit, une prémonition. Un groupe de guerriers, nichés sur une falaise, dans un paysage montagneux qu'il ne reconnut pas - s'agissait-il encore de Mandalore, ou d'un autre monde ? - attendait patiemment, tandis qu'au loin, des cris gutturaux et puissants résonnaient en cadence, et lui parvenait par échos. Transi de joie, heureux, il entendit alors la conversation des mandaloriens, qui s'étaient réunis autour d'une puissante silhouette en armure, en laquelle il reconnut la tenue traditionnelle de leur chef, le puissant Mand'alor. Triomphant, leur ancestral drapeau claquait au vent, tandis qu'ils s'entretenaient.

Leur conversation ne lui parvint que par bribes, mais il comprit qu'il s'agissait de guerre, effectivement, de renaissance, de nouveau départ, de sang et de dévastation. On évoquait une invasion d'une ampleur supérieure à celle des Premières Guerres Mandaloriennes, qui avaient ravagé la Galaxie un peu plus de quatre millénaires auparavant. Triomphants, provocants et sûrs d'eux, les fabuleux soldats s'imposaient comme les maîtres de la guerre, et se voyaient déjà en vainqueurs absolus.

Tandis que les tambours de guerre battaient en cadence, cependant, il se sentir faiblir, et les ténèbres gagnèrent de nouveau son champ de vision. Il pouvait encore en entendre les échos, et les scansions belliqueuses de ce peuple qu'il avait toujours aimé, admiré, et jalousé. Tandis qu'il sortait peu à peu de son extase, les battements guerriers étaient peu à peu remplacés par le grondement de l'orage, et il put sentir l'odeur d'humidité envahir la petite grotte où il s'était réfugié. Souriant largement, il se redressa lentement. Quelque chose, il ne savait quoi, ni d'où cette intuition lui venait, lui disait que ce qu'il avait vu devait s'accomplir bientôt. Il s'en réjouissait du plus profond de son coeur.
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Darth Anachor
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MessageSujet: Re: L'Oeil de Feu    Lun 16 Mar - 8:46

Une semaine plus tard, au même endroit...

Le Seigneur Anachor avait bien souffert depuis ses premières visions dans la "caverne psychopompe". C'était en effet ainsi que l'appelaient les quelques rares auteurs qui en faisaient mention, dans les différents répertoires établis par les Sith des lieux sacrés, où la Force était particulièrement puissante, et se manifestait des façons les plus diverses et originales. Ce lieu était connu depuis de nombreux siècles, et, depuis la débâcle qui avait conclut la Guerre Impérialo-Sith, plusieurs personnes l'avaient déjà visité. Mais elle était difficile d'accès, et semblait être caractérisée par un magnétisme particulier, qui faisait, comme le disait très grossièrement un des apprentis archivistes qu'il avait consultés, qu'elle pouvait "attirer ceux auxquels elle décide de s'offrir". Autrement dit, il semblait que les êtres assez puissants dans la Force établissaient inconsciemment une sorte de connexion avec les énergies présentes dans la grotte, de sorte qu'elles étaient dès lors sujettes à un effet d'aimantation qui guidait ainsi inconsciemment les élus vers elle, pour qu'elle leur délivre ses secrets.

L'on racontait que cet endroit était un lieu de culte primitif, du temps où les premiers Sith étaient arrivés sur la planète, décidés à la coloniser avec une petite équipe de colons natifs de Korriban. Ceux-ci, devenus les sujets des Jedi Noirs arrivés sur le monde-crypte, n'avaient pas encore abandonné leurs anciennes pratiques chamaniques, et la sorcellerie dans laquelle ils étaient déjà fort avancés au moment de l'arrivée de leurs maîtres. Des pratiques complexes, qu'il était difficile de caractériser à travers les millénaires, puisqu'aucune note n'en parlait, avaient de toute évidence été pratiquées en ce lieu, alors que l'initiation des adeptes de la Force suivaient encore le schéma typique de l'apprentissage par le chaman de ses pouvoirs.

Ce modèle de formation traditionnel, qui se perdait dans la nuit des temps, et était pratiqué, dans les grandes lignes, un peu partout dans la Galaxie, semblait avoir permis aux acolytes d'acquérir de réels talents de divination, voire de prophétie. Ce lieu vénérable, abandonné depuis, et recouvert par la végétation, était donc depuis très longtemps une place de retraite, d'épreuve, de méditation et de transe ; et bien qu'Anachor l'eut découvert par hasard, il avait appris depuis que plusieurs Sith, surtout des Sorciers, venaient régulièrement s'y ressourcer.

Cependant, les phénomènes en question occasionnaient toujours des effets secondaires plus ou moins indésirables : la caverne était exigeante, et, en quelque sorte, demandait un dû. Des troubles psychologiques légers de toute sorte assaillaient ainsi ceux qui n'étaient pas dans les dispositions les plus parfaites et optimales pour se prêter au don de voyance accordé par les énergies du lieu. Anachor n'y avait pas coupé, et bien qu'il fut rodé, depuis des années, au vaste champ d'action des perturbations mentales, elles se firent tellement présentes, obsessionnelles, et handicapantes, qu'il ne pouvait exercer ses fonctions correctement. Un Sorcier Sith spécialisé dans l'apaisement de ce genre de troubles, lui expliqua qu'il avait de toute évidence quitté la caverne trop tôt, comme si il lui restait, lors de sa première transe, des chose à voir et à comprendre. Aussi ne voyait-il pas d'autre remède que le retour à la grotte, où il devrait attendre de se voir révéler ce que le site avait,en quelque sorte, à lui communiquer.

Bon gré mal gré, et à contre-coeur, car bien des sujets plus urgents, en apparence, retenaient son attention, il obtempéra. En effet, malgré sa très vive curiosité quant à la caverne psychopompe, il sentait que quelque chose, il ne savait quoi et où, se réveillait, et occasionnait dans la Force de légères oscillations qui, de loin en loin, lui parvenaient. Comme un trouble dans la Force, mais en bien plus ténu, presque imperceptible, et obsédant pourtant...il savait qu'il avait beaucoup à faire, et que la Sith courrait le risque de se faire distancer par les puissances qui se partageaient la Galaxie, par l'Ordre Jedi, et également par cette chose qui couvait, une sorte de présence nouvelle qui ne s'était pas encore révélé, mais pourrait aussi bien constituer une menace latente, que l'opportunité pour les Sith, si ils agissaient bien, d'acquérir un nouveau et réel avantage sur leurs adversaires. Pourtant, lorsqu'il parvint à la caverne, il lui fallut bien faire la paix en lui. Assis en tailleur, inspirant doucement, expirant plus longuement, il sombra peu à peu, au bout d'un temps qu'il ne songeât pas à mesurer, mais qui s'étala sur plusieurs heures, à plonger dans l'état qu'il recherchait.

Froid. Le grand blanc d'un éclat aveuglant. Le murmure plaintif d'un vent sec qui, courant dans le désert, lui caressait les tempes.

Il sentit la lumière, progressivement baisser en intensité. S'estomper pour laisser place à la plaisante vision d'un désert s'étendait à perte de vue autour de lui. Mais moins de sable que de roche. Ce lieu aride ne lui disait rien. Qu'était-ce ? Il prit le temps de se plonger profondément dans la Force, ayant oublié Dromund Kaas et la caverne. Dans ce qui lui semblait être un songe, il ne percevait ni l'aura caractéristique, et frémissante d'énergies troubles, des mondes Sith traditionnels qu'il connaissait bien, ni celle d'aucun autre endroit. Il avait peu fréquenté ce genre de mondes, bien que ces paysages lui plussent beaucoup.

Apaisé, détendu, serein, et la tête comme emplie d'une sensation agréable et douce, il tourna sur lui-même lentement, inspectant les lieux. L'endroit était parcouru de canyons et des montagnes se détachaient au loin. Il avisa soudain qu'au pied d'un promontoire situé à quelques dizaines de mètres, une silhouette immobile se tenait. D'un geste de la main droite, elle lui faisait signe, et constituait la seule présence perceptible dans les environs. Mais, ce qui l'intrigua, c'était, chose incroyable, qu'elle n'avait absolument aucune résonance dans la Force.

Impossible, murmura-t-il. Il s'avança, parcourut en deux minutes l'espace qui les séparait, puis arriva à la hauteur de l'étrange être. Humanoïde, fine et élancée, la femme le fixa d'un regard étrangement bleu. D'une impassibilité de marbre, drapée dans une belle tenue noire ornementée de signes ésotériques discrets qu'il ne connaissait pas, elle lui tourna le dos en silence, et disparut dans une anfractuosité, suivie par l'Anzat.


En y pénétrant à son tour, il se rendit compte qu'un escalier s'enfonçait profondément sous la terre, et, surtout, que l'endroit n'était pas aussi sauvage qu'il le croyait. L'escalier était en effet de pierre polie, et des gravures faites de noir et d'orange foncé accompagnait sa descente, tandis que la femme, d'un large geste de la main gauche, lui montrait les fresques qui couraient sur la paroi rocheuse. D'une voix basse, douce et feutrée, elle lui dit :

-Voyez Seigneur, beaucoup de choses ont été vues, et prévues, ici.


En silence, il acquiesça, attendant qu'elle poursuive. Elle s'en abstint. Mutiques, il descendirent pendant plusieurs minutes qui lui parurent interminables, tandis que l'obscurité s'épaississait, étendant sur eux une ombre fraîche. Ils parvinrent dans un couloir qui s'élargissait, pour les mener à une petite pièce nue, plongée dans les quasi-ténèbres. Son visage chauve et parcheminé était seul visible, grâce à un rai de lumière qui parvenait latéralement d'un boyau creusé dans la roche, et qui véhiculait le gémissement du même vent sec. Le conduisait à sa hauteur, la femme les quitta et remonta, tandis que son mystérieux vis-à-vis prenait la parole d'une voix grave et rocailleuse.

-Bienvenue, jeune Sith. Tu étais attendu.


L'Anzat ne se rebiffa pas, ce qu'un autre, évidement, n'eut pas manqué de faire. Il avait certes 240 ans, mais cet âge était relativement faible au regard de l'espérance de vie de son espèce, et il n'en tint pas rigueur à son interlocuteur. Ces considérations ne l'atteignaient pas. Patiemment, il étudia le curieux individu : vêtu de bure comme un moine, habillé dans des teintes claires, et n'ayant, tout comma la femme, aucune résonnance dans la Force, il ne pouvait dissimuler que, contrairement à son habitude, il était tributaire du bon vouloir d'un autre, et du message qu'il semblait avoir à lui communiquer. Il ne ressemblait à rien de connu.

-M'expliquerez-vous...
-Tout sera porté à ta connaissance en temps et en heure, et il te faudra revenir ici à plusieurs reprises, car tu ne pourras pas maintenir cet état bien longtemps.
-Comment cela ?
-La transe de Force dans laquelle tu es plongé exige beaucoup d'efforts pour durer le temps nécessaire à notre conversation, qui sera brève.


Tout revint alors en mémoire au Sith, qui se sentit chanceler. Son rapport avec la dimension inconnue fit de même, et il vit un temps les contours de l'homme se brouiller, puis se préciser à nouveau du fait de la tension mentale de l'Anzat, qui fit en sorte de se raccrocher à son état. Il réfléchit. Maintenant qu'il savait où il était, et ce à quoi il avait à faire, il comprenait qu'il était engagé dans le processus de vision qu'il s'était fixé comme but à atteindre.

-Ta place parmi les Sith n'est pas la bonne,
dit alors son vis-à-vis, tandis qu'il réfléchissait.
-Que voulez-vous dire ?
-Avec ton vécu, et tout ce que tu as pour toi...tu te gâches.

-Je ne comprends pas. Je suis un Seigneur Sith, je suis en vue sur-

-En vue ! Imbécile ! Il n'est pas question de situation !


Sentant la colère monter, ses veines se gonfler et ses muscles se tendre, le Seigneur Anachor faillit porter la main à la garde de son sabre, puis, s'avisant à temps de la futilité de ce geste, il se ravisa. Un rire bref secoua la large poitrine de son interlocuteur.

-Allons, allons, calmes-toi. Je veux te dire que tu pourrais faire bien plus que ce à quoi tu te consacres dans le monde temporel. Il te faut cesser d'être un supplétif, un moyen, un subalterne.
-Vous parlez de-
-Oh oui, mon cher ami. Il te faut briguer plus que la pairie, qu'un siège au Conseil Noir : deviens Seigneur Noir, et nous aurons bien plus de choses à nous dire. Je ne peux pas te parler plus longtemps, tu vas bientôt sombrer dans l'inconscience, si cette conversation se poursuit. Saches seulement que tu devais venir ici, et devras y retourner sous peu, pour comprendre quelle est ta véritable place dans la Galaxie, et dans quelles conditions tu pourras remplir la mission que tu t'es assigné.


Les derniers mots du vieil homme se perdirent dans un écho qui devint assourdissant. Se fondant en un seul bruit unique qui lui perçait le crâne, ils le réveillèrent, après qu'il se fut senti aspiré à toute vitesse vers la surface. Il lui fallut plusieurs minutes pour se relever. Il restait là, étendu, contemplant le plafond de la grotte. Seigneur Noir. Ces deux mots se répétaient dans son esprit, comme pour y trouver une consécration, une légitimité, s'imposer à lui comme quelque chose de plus que possible ou même souhaitable : absolument nécessaire, obligatoire dans son parcours, qu'ils balisaient. Il n'y avait jamais songé, ne l'avait jamais osé...une place secondaire lui convenait mieux. Ses intrigues ne se pouvaient faire qu'à l'ombre du retrait méditatif et de l'extrême discrétion...mais peut-être était-ce la fin d'une époque ? Peut-être sa vie devait-elle prendre un autre tournant ?
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